03 déc. 08
الأمازيغية والملكية بالمغرب
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الدكتور عبدالسلام بلاحي المصدر: الجزيرة |
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LA DYNASTIE AMAZIGH DES ALMORAVIDES
Almoravides
- Les Réformateurs de la foi
- Les conquêtes
- Ali Ben Youssef
- Le Déclin
- Architecture
- Architecture religieuse
- Construction militaire
Les Almoravides sont une dynastie amazighe musulmane qui régna sur le Sahara, une partie de l'Afrique du nord occidental (Maghreb) et une grande partie de la péninsule Ibérique (al-Andalus) fin XIe siècle–début XIIe siècle. Les Almoravides (étymologie arabe : al-murabitun) tirent leur origine d'un groupe de tribus amazighs sahariennes qui nomadisaient entre le Sénégal, le Niger et le sud du Maroc, et converties à l'islam à la fin du IXème siècle: les Lemtouna et les Goddala. Ces deux tribus faisaient partie du grand groupe amazigh des Sanhadja. Ces tribus étaient connues par leur coutume de porter un voile (litam) sur le bas du visage. Les Lemtouna, les Messouffa et les Goddala -ou Guezzala- contrôlaient les routes commerciales entre l’Afrique du Nord et les régions subsahariennes. Ils étaient des pasteurs et cavaliers, ils étaient aussi de redoutables guerriers formés à la rude école du désert et vivaient également de razzias qu’ils opéraient chez les sédentaires Noirs installés plus au sud.
Les Réformateurs de la foi
Au XIe siècle, Yahya Ibn Ibrahim, un des chefs Lamtuna,constatant le manque de connaissances de ses hommes en matière d'Islam, fit appel au religieux Abdullah Ibn Yassin, d'obédience malékite et puritain. Son enseignement fut d'abord rejeté par les tribus. Aussi Abdullah Ibn Yassin fonda-t-il un ribat (couvent militaire, d'où le nom en arabe de al-Murabitun, « ceux du ribat »), probablement sur l'île de Tidra en Mauritanie 1048. Il prêchait avant tout l'obéissance à la lettre du Coran, et au sein duquel les guerriers se préparant à la guerre sainte, tout en vivant dans le respect le plus strict des principes du sunnisme de rite malikite. L’existence ascétique menée par Abdullah Ibn Yassin et ses fidèles leur valut rapidement un grand prestige attirant de nombreux disciples. Le guide spirituel se transforma bientôt en chef de guerre. Ce ribat constitua rapidement un centre de diffusion de la doctrine. Il formait les « guerriers de la foi », animés d'une foi intense, ils entreprirent de soumettre au rigorisme religieux, c’est-à-dire à l’orthodoxie sunnite, d’abord les tribus sahariennes voisines. Ils parvinrent rapidement à imposer par la force leur doctrine religieuse aux autres Sanhadja, fondèrent des armées, et partirent à la conquête vers le nord comme le sud.

guerrier Almoravide
Il fallut aux almoravides quatorze ans (de 1042 à 1056) pour conquérir le Sahara occidental et le Sud du Maroc. La première intervention des Almoravides se fit dans le Sud marocain en 1053: étant aussi attirés par l'or de Guinée qui transitait par une oasis plus tard appelée Marrakech, les almoravides montèrent vers le Nord et déferlent en 1053 sur le Sud du Maroc en exterminant les amazighs jugés hérétiques Barghwata Sidjilmassa qui régnaient sur la vallée du Drâa. La cité capitale de Sidjilmassa ne nous a laissé que des ruines quelques kilomètres au sud d'Erfoud. Puis au sud, dès 1054, Abu Bakr Ibn Omar (ou Abou Bekr, Abou Bakr) attaqua l'empire du Ghana et détruisit la ville d'Aoudaghost. Abdullah Ibn Yassin mourut au combat vers 1059, en attaquant l'émirat des Barghwata, considéré comme hérétique par les Almoravides.
Abu Bakr Ibn Omar succède à Ibn Yassin, mort au combat, il cumulait ainsi l'autorité militaire et religieuse, on le considère comme le premier souverain almoravide, il poursuivit sa route jusqu'à Taroudant et la plaine du Souss. En mai 1070, lui et son cousin Youssef Ben Tachfine arrivent en vue de l'oasis principale de la plaine du Haouz, au carrefour des grandes routes traversant l'Atlas et des pistes caravanières du désert et au pied de la butte rocheuse de Guéliz, et décident d'y établir leur campement qui deviendra leur capitale Marrakech - lequel viendrait d'une expression masmouda " Marrakouch " - " va-t-en vite "- allusion au danger que représentait ce lieu d'embuscade. Il fut contraint de retourner au Sahara en 1071 afin de calmer des querelles entre tribus Sanhadja. Abu Bakr Ibn Omar confia la destinée de la nouvelle ville et du pouvoir au Maroc à son cousin Youssef Ibn Tachfin alors âgé de 60 ans, qui s'érigea en souverain, empêchant de fait le retour d'Abou Bakr en 1072. Celui-ci ne régna alors effectivement que sur le désert et le sud. En 1076, il s'empara de la capitale du Ghana, Koumbi Saleh, avec l'aide du royaume de Tekrour, ce qui provoqua l'effondrement de l'empire pendant les décennies suivantes. Il fut tué au Sénégal en 1087, touché par une flèche empoisonnée, et les Almoravides ne parvinrent pas à maintenir leur contrôle sur le Ghana.
Les conquêtes
Youssef dote Marrakech de ses remparts et en fait une cité fortifiée de laquelle il poursuivit les conquêtes almoravides au nord, prenant Fès en 1075, et Tlemcen en 1080, et fondant le Royaume de Tlemcen, qui englobait le Maroc actuel et une partie de l'Algérie occidentale jusqu'à Béjaîa. Tlemcen devenant, une nouvelle fois, la capitale d'un vaste royaume. Il se lance ensuite à la conquête du sud de l'Espagne à l'appel des rois des Taifa (1086) menacé par la reconquête d'Alphonse VI et du Cid.
Débarqué le 30 juin, Tachfine est rejoint par les rois de Séville, Grenade, Malaga et Badajoz, et infligea le 23 octobre une sévère défaite à Alphonse VI à Sagrajas, non loin de Badajoz. Il rentra ensuite en Afrique pour régler ses propres affaires, avant d'être rappelé en 1089. Voyant que les rois des Taïfa complotaient contre eux et contre lui, appuyé par les dignitaires religieux locaux, il conquiert pour lui-même tout le pays d'al-Andalûs entre 1090 et 1094. Malgré son échec relatif face aux chrétiens menés par le Cid, c'est l'apogée des Almoravides. Maître de l'Espagne musulmane, Youssef importa la civilisation andalouse - les arts et l'architecture, à Marrakech. A sa mort ( à l'âge, selon la tradition, de 100 ans) en 1106, Marrakech est la capitale d'un royaume immense, pacifié et immensément riche. Le règne de Youssef ben Tachfin marque l’apogée de la puissance almoravide en Espagne.
Ali Ben Youssef
L'apogée de l'empire almoravide fut atteint durant le règne de Ali ben Youssef (1107-1124),qui lui succéda à l'âge de 23 ans. Il agrandit et consolida l'empire maure, la renommée intellectuelle de l'empire almoravide s'accrut jusqu'à Paris et Rome. Ali ben youssef qui avait grandit en andalousie et qui fut gouverneur de l’Andalousie s'entoura des plus grands savants de l'époque. Sur les instructions d'Ali, un ingénieur du nom d'Abdallah Ben Younès, transposa les système perse des khettaras, réseau souterrain de canaux d'irrigation, et assura à la capitale de l'empire: Marrakech et à ses alentours une alimentation en eau fiable. Ali ben Youssef, ami des arts et grand bâtisseur, avait fait de sa capitale Marrakech une réplique des grandes cités andalouses. Pendant son règne furent également ériger d’imposants monuments d’une richesse décorative jusqu’alors inconnue dans l’Occident musulman. D’après les récits de l’historien al Marrakchi, l’entourage intellectuel du souverain almoravide à la cour de Marrakech était comparable à celui des Abbassides au début de leur règne. De nombreux savants, philosophes et poètes rejoignirent la jeune capitale, mais lorsque le rigorisme religieux officiel des Almoravides sévit, ceux-ci préfèrent rejoindre Fès où la souplesse voir l’absence de rigorisme religieux leur permit de pleinement s’épanouir.

La bataille d'Uclès
Dans le domaine militaire et politique Ali ben youssef se heurta à la résistance des princes chrétiens d'Espagne, il ne put éviter que Saragosse tombe entre les mains du roi Alphonse Ier d'Aragon, ni la consolidation Castillane à Tolède assiégé une dernière fois en 1139, il vainquit les castillans à la bataille d'Uclès en 1108,. Mais dans le même temps il dû faire à une première révolte à Cordoue en 1120, face au mécontentement qui grandissait chez les andalou face au rigorisme religieux et à la présence et l’autorité brutale des Almoravides. Aucune entente réelle n’avait régné entre princes d’Al Andalus et Almoravides. L'agitation des Almohades qui en 1123 s’installait au cœur du Haut-Atlas, à Tinmel, avec pour chef le mahdi Ibn Toumert avait un seul l’objectif anéantir les Almoravides qui à leurs yeux n’étaient que des hérétiques et des débauchés. Marrakech connu alors de nombreuses attaques et incursions.
Le Déclin
En 1143, quand Ali Ben Youssef mourut, l'agitation almohade était à son comble. Son fils Tachfin dû affronter les Almohades qui occupaient maintenant la majeure partie du Maroc tandis qu’en Espagne se révoltaient les musulmans d’Andalousie. Au cours de luttes entre ces derniers et les Almoravides un des chefs séditieux réclama l’intervention des Almohades ce qui provoqua la chute décisive de la puissance Almoravide en Espagne comme au Maghreb. En 1145, Tachfin Ben Ali se tua en tombant dans un précipice, dans sa fuite après une défaite près d'Oran. Deux rois almoravides, Ibrahim Ben Tachfin et Ishaq Ben Ali se succédèrent ensuite, mais ce ne fut que symbolique. La prise de Marrakech par les Almohades en 1147 sonna la fin de l'empire des Almoravides. En effet, seulement cinq ans après le décès d’Ali, le Maroc se trouvait désormais sous l’autorité almohade.
Art almoravide
Architecture
A partir du début du XIIe siècle, le degré de raffinement atteint par les Almoravides apparait dans la Qoubba ou coupole de Marrakech, où s’exerce toute la virtuosité des gypso-plastes et s’entremêlent harmonieusement épigraphie, géométrie complexe et flore. L’existence de la corporation des faïenciers et de l’industrie de la céramique à Fès semble remonter au moins à la période Almoravide comme nous le suggère le nom de Bab al-Fekharin al-Qoudama ou Porte des anciens faïenciers donné à l’une des portes almoravides de la mosquée al-Qaraouiyin.

Qoubba almoravide de Marrakech
Grâce à la richesse de l’empire almoravide et à la puissance du pouvoir, l’art local s’épanouit pleinement et ne fut plus tributaire des réalisations extérieures même si l’influence andalouse fut toujours perceptible dans les formes architectoniques, en particulier les arcs (lobés, en plein cintre outrepassé…) et les motifs d’entrelacs losangés. Cependant, les répertoires ornementaux se virent désormais enrichis d’une multitude de variantes élaborées par les artistes et artisans almoravides.
Architecture religieuse
Bien que peu de constructions almoravides subsistent, l’influence de l’architecture andalouse dans certains éléments architecturaux est très nette. Parmi ces constructions, se trouvent les vestiges de palais au nord du minaret de la Koutoubia à Marrakech mis à jour par des fouilles et les palais de Tagrart (Tlemcen). A ceux-ci s’ajoutent les agrandissements et fondations de mosquées comme la Grande Mosquée d’Alger et celle de Tlemcen, la mosquée Quaraouiyine de Fès, et surtout la Qoubba el-Barudiyyin près de la mosquée Ben Yousef à Marrakech. La koubba el Ba'adiyne C'est le monument le plus ancien de Marrakech. Un des rares vestiges de l'art almoravide (XIe siècle) à ne pas avoir subi les destructions almohades. Bâtie en pierre et en brique, la Koubba arbore à l'extérieur un décor de rosaces. A l'intérieur, de riches éléments floraux ornent le marbre sculpté. La mosquée Ben Youssef fut construite durant la seconde moitié du XIIe siècle par le sultan youssef ben tachfin, cette mosquée est la plus vaste de la médina et la plus ancienne de Marrakech.
Construction militaire
Dans le domaine de l'architecture militaire, les Almoravides entreprirent la construction de forteresses afin de surveiller les montagnes comme celle d’Amergou (Rif), celle du Tasghimout (Atlas) et de nombreuses autres comme à Massa. La ville de Meknès fut fondée et dotée de remparts. De plus, la réalisation de nombreux travaux d’utilité publique, surtout à Marrakech et Fès, fit des Almoravides de véritables architectes, urbanistes et hydrauliciens. Il s’agissait principalement de l’aménagement de réseaux de canalisations pour irriguer les jardins de Fès, de la construction d’un pont sur l’oued Tensift près de Marrakech et de la construction de fontaines, moulins, bains et hôtelleries ainsi que de l’organisation des marchés. Ali ben Youssef dressa les remparts de l’enceinte de sa capitale, Marrakech. Il fut également à la tête de la création d’un système très sophistiqué d’adduction des eaux ou khettara emprunté aux Perses, et permettant déjà au XIIe siècle d’alimenter en eau la ville entière et toute la région avoisinante.
Liste des sultans almoravides
- 1042-1043 : Yahya Ibn Ibrahim
- 1043-1055 : Abdullah Ibn Yassin
- 1055-1071 : Abu Bakr Ibn Omar
- 1071-1106 : Youssef Ibn Tachfin (Fondateur de la dynastie)
- 1106-1143 : Ali Ben Youssef
- 1143-1145 : Tachfin Ben Ali
- 1145-1146 : Ibrahim Ben Tachfin
- 1146-1147 : Ishaq Ben Ali
Sce:WIKIAMAZIGH
La dignité perdue des hommes pas vraiment libres
Lors de la fondation de l’IRCAM, beaucoup se sont empressés de le condamner sans appel. Sans lui donner la moindre possibilité de faire ses preuves. Ça n’a pas été mon cas. Les procès d’intention n’ont jamais été et ne seront jamais mon truc. Car je crois fermement qu’en politique -n’en déplaise à certains qui peuvent soutenir le contraire, l’IRCAM est avant tout une institution politique, mise sur pied par des politiques, avec des objectifs éminemment politiques-, il faut toujours juger sur pièce et non pas sur les paroles. Un grand politicien français- c’est-à-dire dans une démocratie s’il vous plaît- n’aime-t-il pas à répéter que les promesses n’engagent que ceux qui les croient ? Que dire alors d’un pays aussi dictatorial que le Maroc ? Je vous laisse volontiers tout le soin d’imaginer la réponse la plus adéquate. En fait, il faut toujours attendre et prendre tout son temps pour voir les actions concrètes sur le terrain et ainsi pouvoir tirer, le plus froidement du monde, les enseignements qui s’imposent. Dans le cas du Maroc, il est bien connu que le Makhzen a toujours l’habitude de parler, de même trop pérorer, jusqu’à ce qu’il vous rende nauséeux, mais sans jamais résoudre quoi que ce soit. D’ailleurs, quels sont des problèmes auxquels il a déjà trouvés des solutions en soixante ans de pouvoir ? N’est-il pas là que pour se maintenir ad vitam aeternam au pouvoir, gérer la misère de la majorité et protéger les intérêts de sa minorité arabo-andalouse aux dents incroyablement longues ? Pour autant, à l’époque de la création de l’IRCAM, il y eut un fait nouveau et exceptionnel en même temps qu’il ne fallait pas omettre et surtout sous-estimer : l’avènement du nouveau règne. Ainsi, on s’est permis à nos risques et périls d’espérer que les choses se feront autrement, que les méthodes vont changer et que les solutions vont être mises sur place. Mal nous en a pris. Car, hélas, c’est loin d’être le cas. La situation de l’amazighité n’a pas changé d’un iota. Elle a même empiré à certains égards. Pire, fait nouveau, la provocation, le mépris et le racisme anti-amazighs ont même dangereusement augmenté pour atteindre des proportions jamais inégalées. Des années après… Après une vie plus ou moins mouvementée, l’on est en droit d’affirmer que l’institution qui devait l’amazighité prendre à bras-le-corps, le bien nommé IRCAM, n’a réussi aucune de ses missions- seul Ahmed Boukous pense le contraire, ce qui se comprend tout à fait, il faut bien qu’il défende sa chapelle. Une véritable faillite dans la plus pure tradition makhzenienne. Parce que tout simplement, le régime a voulu qu’il en soit ainsi. En prenant du recul, on se rend compte que, en réalité, l’IRCAM était juste une simple manœuvre pour, d’une part, absorber momentanément la colère amazighe et pour, d’autre part, noyer encore et toujours le poisson –il est d’ailleurs un champion mondial de cette spécialité. En attendant encore et toujours que le temps fasse son effet dévastateur. Ce qui se comprend tout à fait. Au risque de répéter indéfiniment des lapalissades, l’idéologie très officielle du Makhzen est fondamentalement et foncièrement anti-amazighe. À dire vrai, ceux qui dénoncent à tout bout de champs la makhzenisation en cours du tamazight, se sont trompés sur toute la ligne. Les pauvres, ils ne savent pas ou ce qu’ils feignent de ne pas savoir- surtout pour certains qui sont très bien informés- que le Makhzen ne veut en aucun cas de l’amazighité. Il faut savoir, et les faits- têtus qu’il sont- nous donnent amplement raison, qu’il la considère pire qu’une souillure repoussante ne méritant qu’une chose : la disparition. Le plus tôt sera le mieux. Pourquoi ? Parce que… ce n’est pas sa culture. C’est aussi simple que cela. Qu’elle survive par la suite ou qu’elle disparaisse, c’est le dernier de ses soucis. Ses cultures arabes et françaises, il s’en occupe très bien. Trop bien même. Le tout bien naturellement avec l’argent et les richesses du pays des Amazighs, le Maroc. Que celui qui n’est pas content, aille se fracasser la tête contre la première montagne de l’Atlas qu’il traverse ! Tel est le message on ne peut clair, on ne peut plus direct et on ne peut plus brutal du Makhzen. Permettons de rêver un peu et ouvrons une petite parenthèse ! Supposons que le régime marocain, animé de toutes les bonnes intentions du monde, décide enfin, demain ou le lendemain, de reconnaître pleinement l’amazighité. Est-ce que vous pensez qu’il va gérer d’une manière équitable la diversité culturelle et identitaire que la nouvelle situation implique ? Ce n’est vraiment pas sûr. Il n’a même pas été capable à résoudre les insignifiants problèmes de voiries et à plus forte raison s’occuper de sujets autrement complexes- le multiculturalisme entre autres-, propres aux systèmes tout autant complexes. En fait, la promotion réelle de l’amazighité implique, à mon humble avis, un personnel politique extrêmement compétent, intelligent, patriote et, par-dessus tout un État de droit. Ce qui est loin -et je pense que vous en conviendrez- d’être le cas de l’État archaïque du Makhzen, de ses fonctionnaires corrompus et de son administration moyenâgeuse. Quand je pense à un pays comme le Canada, l’un des pays les plus modernes, les plus riches et les plus efficaces au monde, qui a tout le mal du monde a gérer sa dualité culturelle franco-anglaise, qu’en sera-t-il d’un pays aussi arriéré que le Maroc ? Légitimité Si l’on revient à notre sujet principal, l’on peut affirmer sans vouloir exagérer que légitimité du Makhzen repose essentiellement sur la négation pure et simple du fait amazigh. D’où sa tendance plus que marquée à considérer, avec une condescendance agressive, la majorité de la population marocaine comme des fantômes juste bons à être rabaissés. Ce qui est on ne peut plus le cas, car ceux-ci n’ont aucune valeur. Mais alors là aucune. D’autant plus qu’ils font tout, eux-mêmes, pour ne jamais en avoir aucune. Comme si toutes les humiliations azimutales du Makhzen ne suffisent pas, il faut qu’ils rajoutent eux-mêmes leur propre couche. Il faut se rendre à l’évidence, le Makhzen n’est pas aussi bête pour scier -lui qui est obnubilé par une seule et unique chose : perdurer à tout prix- avec ses propres mains la branche sur la quelle il est assis. L’amazighité étant éminemment politique (avec une tout autre idéologie à la limite subversive pour le régime ou perçue comme telle), espérer qu’il la promeuve, c’est faire dans la naïveté la plus béate. C’est mettre non seulement son doigt mais carrément ses mains et ses pieds dans son propre œil. Avez-vous jamais vu un dominateur incroyablement arrogant faire la promotion pour ceux qui sont sous sa férule ? Ma foi, jamais. Soyons pour une fois réalistes, ne pensez-vous que c’est trop lui demander ? Ne croyez-vous pas que, ce faisant, il se délégitime lui-même ? Ne se condamne-t-il pas quelque part tout seul, lui qui ne perçoit l’amazighité qu’à l’aune de préjugés préhistoriques- parce qu’il ignore tout d’elle ? L’on aura de cesse de le dire et de le répéter, le Makhzen et l’amazighité sont fondamentalement irréconciliables pour ne pas dire franchement antinomiques. Parce que de nature et d’origine complètement différentes. En fait, c’est carrément le feu et l’eau. Désormais je l’espère, il ne faut plus jamais se faire d’illusions à ce sujet. Dans ces circonstances, l’IRCAM ou toute autre institution s’occupant de l’amazighité ne pourra jamais avoir les coudées franches. En fait, tout ce qui lui est lié est condamné d’avance à l’échec. Avec un tas d’humiliations en guise de bonus. Vous n’avez qu’à voir le sort réservé à la télévision amazighe (qui a eu le même triste sort de l’Institut amazigh de 1978) alors qu’en même temps on assiste, complètement passifs et désarmés, à l’inflation de chaînes qui font uniquement la promotion de l’arabisme décliné sous toutes les formes possibles et imaginables. Même les plus pathétiquement extrémistes et racistes. Mais non, les Arabes ne sont jamais racistes. Seuls les « sales » amazighs peuvent l’être. D’ailleurs, c’est cet argument que le ministère de l’Intérieur a invoqué pour dissoudre le seul parti amazigh au Maroc, le PDAM. Inconscience Ceci étant dit, l’IRCAM a été plus que positif. Mais pas dans le sens que l’on espérait. En fait, il a montré ce qu’on soupçonnait déjà : l’archaïsme amazigh dans sa parfaite illustration. Certains traits de la personnalité amazighe seraient-ils génétiques ? Hélas, il faut bien le penser. Si mes souvenirs sont bons, une fois sa composition connue, une cabale azimutale anti-soussie, d’une extrême virulence, a été lancée. À dessein bien évidemment : il fallait décrédibiliser les Soussis, tous les Soussis, désormais perçus, comme des makhzeniens, des collaborateurs, des traîtres... Bref, des ennemis à abattre. Même les sites Internet de ces mêmes Soussis n’ont pas échappé à cette véritable chasse aux sorcières. La raison ? Il semblerait qu’ils soient majoritaires au sein de l’IRCAM. D’ailleurs, certains n’ont pas hésité à parler de la « soussisation » du tamazight. Plus que cela, sans avoir peur du ridicule, d’autres ont carrément invoqué « l’impérialisme soussi ». Mais a-t-on fait une enquête rigoureuse pour vérifier si la mainmise des Soussis sur l’IRCAM est bien réelle ou juste fantasmée ? Non, rien de tout cela. Mais cette allégation a été vite mise au rang des vérités indiscutables. Et ça ne sert à rien de la remettre en équation. Mais qu’en est-il réellement ? En fait, la présence à l’IRCAM des militants amazighs les plus médiatisés, qui ont le « malheur » d’être originaires du Souss, a fini par convaincre que cette « honorable institution » est assurément la propriété des « épiciers » du Souss, selon l’expression méprisante d’un mécontent anti-soussi. Comme si être épicier est une tare, une malédiction. D’ailleurs, j’ai même lu pire que cela. Mais ce n’est pas vraiment le propos ici. Passons! Une chose est sûre, le combat avant-gardiste et les nombreux sacrifices des meilleurs enfants du Souss ont été enterrés, définitivement relégués aux oubliettes. À la vitesse de l’éclair. Bonjour la gratitude ! Pire, l’ennemi à combattre n’est plus le Makhzen, qui du haut de son amazighophobie légendaire regarde amusé le spectacle, mais le Soussi, devenu du jour au lendemain la bête noire. Autant dire la personnification du mal absolu. Comment alors voulez vous, par la suite, que les Amazighs soient respectés et pris au sérieux? Pour un petit et minuscule os, l’IRCAM pour le nommer, ils n’ont même été capables de sauver les apparences et ils exigent, avec un entêtement risible, qu’ils soient respectés par le Makhzen - qui a effacé le mot respect depuis des lustres de son vocabulaire, surtout envers les Amazighs. Ce n’est vraiment pas sérieux et encore moins raisonnable. Bêtises Pour notre grand désespoir, un autre fléau non moins grave a vu son apparition à la fondation de l’IRCAM. Tous les discours modernes et même « postmodernes » dont se targuent ses ténors les plus en vue, ont laissé subitement place non pas au tribalisme et au nombrilisme -si c’était encore cela, ça aurait été plus qu’acceptable-, mais, pire, au « patelainisme »- si vous permettez ce néologisme- le plus pathétique. (Vous n’avez qu’à voir la guerre actuelle autour du CMA) Vous vous demandez certainement que peut bien cacher ce nouveau « concept » de ma propre fabrication. Il s’agit simplement de cette hideuse mentalité qui ne permet jamais aux nôtres de voir plus loin que leurs minuscules nez et à plus forte raison les limites de leur propre tribu. Pire, tout chez eux se résume à des intérêts personnels mesquins, des égos immensément hypertrophiés et à des calculs d’un autre âge. Leur combat pour l’amazighité, que l’on imaginait désintéressé, a été juste un prétexte. Plus prosaïquement, l’amazighité n’était que l’ânesse qu’ils ont montée pour arriver à concrétiser leurs petits intérêts. En réalité, rares sont ceux qui ont fait montre de leur modernité (la modernité n’est pas seulement la laïcité), à savoir un sens aigu de responsabilité, un continuel souci de l’intérêt général et la conscience de la gravité du moment. Le peuple amazigh n’est-il pas en voie en disparition par la volonté de quelques fascistes arabistes en mal de déstruction ? En fait, plût à Dieu qu’il ne s’agissait que de l’IRCAM ! Imaginez que l’enjeu soit plus important, il est plus que sûr que l’on ne s’arrêterait pas aux échanges d’invectives et autres obscénités. Certains n’hésiteraient pas à sortir leurs poignards rouillés- ils ne les utilisent plus que pour Ahwach ou Ahidous - pour s’entretuer. Pour répéter une énième fois ce que les Amazighs ont toujours excellé à faire de par leur longue histoire : s’éliminer avec beaucoup d’enthousiasme pour le plus grand bonheur de leurs ennemis. De fait, comme dirait ma petite maman, « un Amazigh ne se rappelle du courage que lorsqu’il est question de réprimer son propre frère ». Un autre point non moins important : la création de l’IRCAM a aussi montré au grand jour que les Amazighs ne sont pas tous les mêmes. Ils sont extrêmement hétérogènes. Avec des accents, des mentalités et des histoires variés et même, parfois, des intérêts diamétralement opposés. Pire, chacun cultive avec beaucoup d’extrémisme et d’intolérance sa différence. En stigmatisant au passage l’autre, bien évidemment son frère amazigh, en croyant bien faire. J’ai même lu quelque part sur Internet un rédacteur amazigh affirmer, sans aucunement avoir froid aux yeux, que l’accent de son village du fin fond de l’Atlas est le plus beau. Une course à la pureté qui ferait rire plus d’un. Bien sûr en ayant en tête l’accent ou plutôt les accents-il y en a plusieurs, mais il ne le sait pas- pratiqués dans le Souss. Que faut-il faire donc ? À mon sens, il n’y a pas un million de solutions. Il faut que chaque région amazighe revendique son autonomie. Une fois acquise, qu’elle fasse elle-même la promotion de sa propre langue amazighe comme bon lui semble. Car dans les circonstances actuelles, l’on aura toujours des gens qui penseraient que la place accordée à tel ou tel groupe ou à tel ou tel parler est plus importante que le leur. Ce qui fera que provoquer des frustrations et attiser des conflits à n’en pas finir. Ce dont on n’a nullement besoin. Ratages En évoquant le parcours de l’IRCAM, et même si l’on n’a pas besoin de le répéter indéfiniment, cette institution a subi plusieurs défaites cuisantes sur plusieurs fronts ô combien symboliques. De l’aveu même de ceux qui y exercent. L’enseignement est une vraie mascarade. Les médias, une perpétuelle insulte. Les prénoms, une interdiction peut en cacher une autre. (Espérons qu’après le décès de l’historiographe officiel du royaume, le tristement célèbre Ben Mansour, les parents amazighs auront plus de latitude à choisir les prénoms de leur choix). Pour faire un peu dans l’ironie, la « soussisation » du tamazight, vécue par plusieurs comme un terrible cauchemar, n’a pas finalement eu lieu. Tous leurs efforts pour ameuter le monde entier contre le Souss et les Soussis n’ont servi strictement à rien. En lieu et place de la « soussisation » tant crainte, parce que l’IRCAM qui devrait en être normalement le moteur – toujours selon eux- est pieds et mains liés, ils ont eu le mépris total du Makhzen. Leur seule réaction est, bizarrement, de rester … motus et bouche cousue. Je les comprends tout à fait, le Makhzen est un gros morceau. Ils risquent d’y laisser leurs plumes et même leur frêle peau. Mais si l’IRCAM ne pouvait rien changer sur les domaines évoqués plus haut, parce que cela touchait à la vision « sacrée » que le régime a du Maroc et de lui-même, ses responsables auraient pu se montrer plus inspirés. En fait, il fallait être plus malin que le Makhzen en se rattrapant sur d’autres domaines laissés en friche. Et ce n’est pas cela qui manque, surtout qu’ils ont beaucoup de moyens. En fait, ils en ont énormément. Ainsi l’IRCAM aurait pu investir une partie de son budget pour au moins réimprimer les livres amazighs introuvables et rassembler tous les documents amazighs qui traînent au Maroc et dans le monde. Et ainsi mettre sur pied, pour la première fois, une bibliothèque amazighe en bonne et due forme. Ce qui rendrait un immense service aux Amazighs eux-mêmes en mettant à leur portée leur propre patrimoine écrit. Au lieu qu’il soit indéfiniment prisonnier des bibliothèques privées ou occidentales. L’IRCAM aurait pu aussi faire l’effort de réunir tout le patrimoine audiovisuel amazigh (disques, cassettes et films), car chaque jour qui passe une partie se perd à jamais, et le mettre sur des supports électroniques sûrs. Autrement dit, en numériser autant qu’il le pouvait. Et ce, pour le mettre non seulement au service des chercheurs, mais aussi le préserver pour que les générations à venir puissent le connaître. Il va de soi qu’il n’y pas d’autres possibilités pour maintenir la culture et surtout la mémoire d’un peuple vivantes et même vivaces. C’est vraiment regrettable, rien de tout cela ne s’est passé. Pire, à en croire certains, les responsables de l’IRCAM se sont même permis le luxe de rendre le surplus de leur budget au Makhzen. Comme s’ils n’avaient plus d’idées pour le dépenser. D’autant plus que c’est la première fois de l’histoire moderne du Maroc qu’un budget est consacré à l’amazighité. En tous les cas, si ce fait est réel, je ne sais vraiment pas s’il faut en pleurer ou en rire. PUBLIÉ PAR LAHSEN.OULHADJ
حقيقة عقبة ابن نافع العربي و كسيلةا لأمازيغي
كان كسيلةالأمازيغي زعيما لقبائل أوربة
ويقول مؤرخ الأمازيغ ابن خلدون: كانت البطون التي فيها الكثرة والغلب من الأمازيغ كلهم
عهد
الفتح أوربة وهوارة وصنهاجة من البرانس ونفوسة وزناتة ومطغرة ونفزاوة من
البتر وكان التقدم لعهد الفتح لأوربة بما كانوا أكثر عدداً وأشد بأساً وقوة
وهم
من ولد أورب بن برنس وهم بطون كثيرة... وكان أميرهم بين يدي الفتح سكرديد
بن زوغي بن بارزت بن برزيات ولي عليهم مدة ثلاث وسبعين سنة
وأدرك الفتح الإسلامي ومات... وولي عليهم من بعده كسيلة بن لزم الأوربي فكان أميراً على البرانس كلهم
ولما نزل أبو المهاجر تلمسان سنه خمس وخمسين كان كسيلة بن لزم مرتاداً بالمغرب الأقصى في جموعه من أوربة وغيرهم
فظفر
به أبو المهاجر وعرض عليه الإسلام فأسلم، واستنقذه وأحسن إليه وصحبه انزاح
كسيلة حليفا لأبي المهاجر لما رأى ما رآه من قوة المسلمين لكن عودة عقبة
مجددا لقيادة الجيوش المسلمة بإفريقيا
ستخلق شكوكا لدى كسيلة بخصوص
الهدف من فتح الشمال الأفريقي أهو نشر الإسلام بين السكان الأمازيغ أم هو
تسلط وتجبر العرب للحصول على الثروات والاستبداد بالحكم
في سنة 681 م سجن عقبة بن نافع كسيلة الأمازيغي وعامله بإذلال ولم يحفظ له مكانة كما أوصى بذلك نبي الإسلام محمد عليه السلام
وفي ذلك يقول ابن خلدون: وكان عقبة في غزاته – للمغرب - يستهين كسيلة ويستخف به وهو في اعتقاله
وأمره يوماً بسلخ شاة بين يديه فدفعها إلى غلمانه وأراده عقبة على أن يتولاها بنفسه وانتهره فقام إليها كسيلة مغضباً
وجعل
كلما دس يده في الشاة يمسح بلحيته والعرب يقولون: ما هذا يا أمازيغي؟
فيقول: هذا جيد للشعر فيقول لهم شيخ منهم: إن الأمازيغي يتوعدكم
وبلغ
ذلك أبا المهاجر فنهى عقبة عنه وقال: كان رسول الله صلى الله عليه وسلم
يستألف جبابرة العرب، وأنت تعمد إلى رجل جبار في قومه بدار عزة قريب عهد
بالشرك فتفسد قلبه، وأشار عليه بأن يوثق منه وخوفه فتكه فتهاون عقبة بقوله
ويؤكد المؤرخون أن أقصى حدود الإهانة التي فرضها عقبة بن نافع على كسيلة الأمازيغي هي ذبح الشياه للجنود العرب
ذلك أن ذبح الذبائح يعد أمرا مهينا لنبلاء الأمازيغ وزعمائهم وقد كانوا يستعيضون عن ذلك بقتلها بالسيوف والرماح
لقد كان الجزارون يأمرون في القبائل قديما بتشكيل طبقة تعد من الخدم تسكن خارج الدواوير ويسمى الخدم عند الطوارق بإيكلان
ليس لأنهم عبيد استقدموا من الجنوب وأيضا لأنهم يحترفون الجزارة
ويتابع ابن خلدون: فلما قفل – عقبة - عن غزاته وانتهى إلى طبنة صرف العساكر إلى القيروان أفواجاً ثقة بما دوخ من البلاد
وأذل من الأمازيغ حتى بقي في قليل من الناس وسار إلى تهودة أوبادس لينزل بها الحامية فلما نظر إليه الفرنجة طمعوا فيه
وراسلوا كسيلة بن لزم ودلوه على الفرصة فيه فانتهزها، وراسل بني عمه ومن تبعهم من الأمازيغ واتبعوا عقبة وأصحابه...
حتى إذا غشوه بتهودة ترجل القوم وكسروا أجفان سيوفهم ونزل الصبر واستلحم عقبة وأصحابه...
ولم يفلت منهم أحد، وكانوا زهاء ثلاث مائة من كبار الصحابة والتابعين استشهدوا في مصرع واحد... .
كان حينها زهير بن قيس البلوي بالقيروان وبلغه الخبر فخرج هارباً وارتحل بالمسلمين ونزل برقة وأقام بها ينتظر المدد من الخليفة
واجتمع إلى كسيلة جميع أهل المغرب من الأمازيغ والفرنجة وزحف إلى القيروان فخرج العرب منها وأقام أميراً على إفريقية خمس سنين
وكان
زهير بن قيس مقيماً ببرقة مند مهلك عقبة فبعث إليه الخليفة الأموي عبد
الملك بن مروان بالمدد وولاه حرب الأمازيغ والثأر بدم عقبة فزحف إليها في
آلاف من العرب
من جهته جهز كسيلة حصانه وحمل ترسه وسيفه وأعد العدة صحبة جنده وبعد أن جمع كسيلة البرانس وسائر الأمازيغ ذهب لملاقاة أعدائه
لقد كان يردد دائما أن أرضه تنوء بحمل المتسلطين وترفض من يسلب رزق أبنائها ويمرغ كبرياءهم ويستحيي نساءهم
مضى كسيلة صوب الشرق إلى ما وراء جبال الأوراس التقى الجيشان بنواحي القيروان واشتد القتال بين الفريقين
ثم انهزم الأمازيغ سنة 686 من الميلاد وقتل كسيلة ومن لا يحصى من الأمازيغ واتبعهم العرب إلى نهر ملوية بالمغرب الأقصى
وذل الأمازيغ ولجأوا إلى القلاع والحصون واستقروا بمدينة وليلى بالمغرب وكانت ما بين موضع فاس ومكناسة بجانب جبل زرهون
ويقولون إن كسيلة قضى نحبه قرب قلعة "ممش" مع خيرة جنده وصفوة صحبه المقاومين لتسلط العرب المتخفي خلف ستار الدين
UNE LEGENDE AMAZIGH:ISLI ET TISLIT N'IMILCHIL
ISLI ET TISLIT
******Que dit la légende ?******
Adrukh iwa ru iwa gakh tin ijdad
A yasmum eqqar iâaqqub ar teqqarkh .
Traduction :
« Je pleurerai
Pleure
Faisons comme les oiseaux
O mon bien aimé
Appelle Iâaqqub et que je l’appelle (1)».
D’un bout à l’autre de la montagne d’Imi Lchil, tislit envoyait ces vers devenus célèbres à son amoureux qui y répondait par des vers non moins pathétiques.
Célèbres ? Plutôt légendaires car ces deux vers renvoient dans la culture amazighe du Moyen Atlas, à une légende qui dit à peu près ceci :
« Il était une fois il y a de cela bien longtemps, deux amoureux qui avaient défrayé la chronique par leur idyle merveilleuse. Mais le Dieu de l’amour, outré par je ne sais quel manquement aux règles, après les avoir transformés en oiseaux, décida que les deux amoureux vivraient dans la même forêt sans jamais pouvoir se voir.
C’est ainsi que commença le calvaire de ceux qui sont devenus une réalité pour les habitants du Moyen Atlas : tout le monde ici vous dira, à la nuit tombée, que les beaux cris qui se suivent, que vous entendez dire clairement : « Yaâkoub » puis « Ishaak » sont ceux des amoureux maudits. Ils s’interpellent ainsi et se rapprochent petit à petit l’un de l’autre, jusqu’à dit-on occuper le même arbre.
A ce moment là, craignant de crier en même temps et ne pas s’entendre, ils se taisent tous les deux en même temps, et un lourd silence enveloppe la forêt. A ce moment précis, le cœur tordu, les femmes et les hommes qui savent et qui croient en l’amouront les larmes aux yeux. Chacun a pitié de ces damnés de l’amour sans raison apparente.
« Ah si l’un d’eux pouvait enfin crier ! Se lamente la contrée ».
Les amoureux attendent, attendent, dans les soupirs et la folle envie de voir enfin le bien aimé. En vain. Le désespoir, la lassitude mais surtout la volonté de recommencer de nouveau les prend tous les deux en même temps : ils s’envolent chacun dans une direction et, quelques kilomètres plus loin, ils se reposent sur la cime d’un cèdre, d’un chêne, d’un pistachier sauvage, d’un quelconque arbre. Puis le calvaire de l’absence, de la nostalgie, de la douleur recommence à crier : « Iâakououb » «Ishaaaak»…
Depuis les temps les plus reculés, ce cycle se refait chaque nuit au Moyen Atlas, surtout pendant les longues nuits d’hiver et de printemps. Il paraît que les deux oiseaux n’aiment pas l’été pour une raison non encore élucidée.
C’est donc en souvenir de cet éternel recommencement que Tislit envoie les vers déjà cités à Isli.
Un an auparavant, les deux jeunes se sont rencontrés, se sont aimés de toutes leurs forces. Mais pour leur malheur, ils appartenaient à deux groupes devenus rivaux pour une affaire que l’histoire n’a pas retenue.
Le mariage leur était donc impossible. Ainsi commença leur calvaire.
Pour venir à bout de la bêtise humaine, ils commencèrent une grève de la faim arrosée par leurs larmes et leurs chants.
La fille commença la première à chanter cet interdit contre nature dans ces termes :
« aha yach a memmi nu yach
Amuttl en umarg es imzwura“
« Je te dis mon ami
La malédiction de l’amour
Ce sont les anciens… »
Isli lui renvoya son izli ainsi:
«da etgallax ar i tebdit d ixf
allig da da zerrin midden walu
wer ya da essektayx »
« Je te jure que tu m’as séparé de ma tête
Et que les gens passent
sans que je les reconnaisse »
Tislit:
« Ennighak day ennighak amarg ennk
ami ezzlumx timzin
Iggama wul ad ikn ijjawn »
« Je te dis et redis:
Ton amour est comme qui mangerait
une épie d’orge
jamais mon cœur ne s’en rassasie »
Isli :
« ullah da tettax ar kni d ik tix assix afus
Ezzigh da tekkat inegri ed wuchi a wenna rix »
« je mange
et dès que je pense à toi
Je n’ai plus d’appétit
Ton absence est un obstacle
entre moi et la nourriture »
Après quelques temps, la faim la soif, la tristesse et l’incompréhension eurent raison de leur corps périssables. Le deuil enveloppa la région.
C’est alors q’un miracle vint rappeler aux hommes leur cruauté : aux deux endroits où les deux jeunes sont morts, deux lacs se formèrent de leurs larmes. Depuis, l’un porte le nom d’Isli, l’autre celui de TisliT ( le fiancé et la fiancée en Tamazight ).
Secoués par la douleur et le miracle, les sages des deux tribus prirent une décision historique : « dorénavant, aucun obstacle d’aucune sorte ne viendra entraver l’amour.
Même en temps de guerre, les amoureux seront libres de circuler dans les territoires adverses, de s’y marier s’ils le désirent .
Pour ne pas oublier cette tragédie et afin de raviver le pacte et le traduire dans la pratique, on décida de tenir un festival annuel à mi chemin entre les deux endroits du drame : entre les deux lacs : Isli et tislit»
Photo Isli: Cécile Guivarch
La réalité
Entre les deux lacs : « Isli et tislit », à Imi Lchil, se tient depuis les temps les plus reculés, un festival annuel appelé par les habitants « Agdud » ou la fête des fiançailles. Chaque année en Septembre, les couples qui se sont formés pendant l’année viennent officialiser leur union par le passage devant « Agraw » ( la jmaâ ) l’mghar (le président) pose une seule question aux deux fiancés : est-ce que tu l’aimes ? Quand la réponse est « oui » des deux côtés, ils sont déclarés mari et femme. C’est également devant ces mêmes juges que seront prononcés les divorces qui auront été décidés d’un commun accord après une année de réflexion.
Ainsi, ici, on laisse toute une année à la décision cruciale : celle de s’unir ou de se séparer.
Légende réelle ou réalité légendaire ?
Voici donc une belle légende bien de chez nous, mais aux supports physiques réels : deux lacs Isli et tislit, un festival annuel vivants, le tout constituant une leçon magistrale de l’humanisme d’une civilisation où l’amour et la liberté constituent le centre. Une preuve supplémentaire de ce que la civilisation amazighe renferme des valeurs humaines universelles. Des valeurs dont nous avons tant besoin aujourd’hui.
Ces valeurs ont été respectées, jusqu’au jour où l’économie de marché, le tourisme et l’acculturation s’y sont mêlés, avec à la clé d’autres valeurs d’un autre âge érigées en valeurs meilleures. Aujourd’hui le festival a été progressivement dénaturé et détourné de son objectif.
Au lieu d’être un symbole, celui d’une civilisation où l’amour commande à tout, il est devenu une occasion rêvée par les marchands de toutes sortes et les touristes avides d’exotisme.
La crise économique, sociale et culturelle qui frappe la région aidant, les femmes qui, autrefois y venaient pour se marier par amour, y viennent aujourd’hui pour se vendre.
Ecrit par: Ali Khadaoui
















