AGRAW IMAZIGHEN @@@الأمازيغ.. الرجال .الاحرار

Histoire et culture amazigh

10 janv. 09

مقدمة للباحث الامازيغي الدكتور محمد شفيق

31520815من الاقوال الشائعة التي هي عند عامة الناس بمثابة الحكم

الفلسفية أن التاريخ ذاكرة الشعوب . وإذا كان الأمر كذلك، فلا
شك أن الشعوب تتذكر ما مر بها من العقود والقرون والعصور
كما يتذكر الأفراد ما مر بهم من الأيام والشهور والسنين.
والمعلوم أن من الأفراد من له ذاكرة قوية، ومنهم من له ذاكرة
ضعيفة، لكنهم يلتقون جميعا في ميلهم الى زخرفة ذكريات
الماضي وتجميلها، وإلى طرح كل ما هو عبء ثقيل على ضمائرهم
وإزالة كل غبشة تشين صورة أيامهم الفارطة كما يشتهون أن
يتخيلوها. ولهذا يكره الأفراد وجود شهود صدق على ماضيهم.
ولا تختلف في ذلك الشعوب عن الأفراد، غير أن بعضها ينشغل
بتكاليف الحاضر عن أخبار الماضي، باستمرار، فتمر به الأزمان تلو
الأزمان، إلى أن يقتصر علمه بما سلف من دهره على ما يحكيه
له غيره، والغالب أن ذلك »الغير « لا يمكن أن يكون إلا ندٌا سبق له
أن كان عدوا للأسلاف والأجداد، أو كان لهم خصما، في أحسن
الحالات.
ولعل الأمازيغيين خير نموذج للأمم التي لم تكن لها ذاكرة
خاصة بها، مادامت الذاكرة هي تدوين السيرة الذاتية. فكأنٌ
إسهامهم في صنع التاريخ مع أطراف متعددة متعاقبة، خلال
ما يربو على ثلاثة ألاف سنة، عوٌدهم أن يوطنوا أنفسهم على
نسيان الماضي، لأن ذكره، حينما يتكرر، لاينتج منه إلا التبجح
ونوع من التشبب كالذي يهواه الشيخ الهرم الكُنتي الفاقد
الأمل في المستقبل. والواقع أن التاريخ لايمكن أن يكون الا »علما
تحت الحراسة 1)« ) لأن البحث العلمي الحق يقتضي من الباحث أن
يتجرد من كل ما هو ذاتي في تفكيره ووجدانه.
وإذا كان من المستحيل على المؤرخ حتى في عصرنا هذا
المستوعب لمفهوم »الموضوعية «  أن يتجرد من المشاعر
الوطنية، أو القومية، أو الدينية، ومن التصورات المذهبية، فما
بالك بمن أرٌخوا لماجريات العصور الغابرة، إذ كانت العصبيات، على
اختلاف أشكالها ودرجاتها، هي قوام التماسك الاجتماعي، وكان
التعصب للدين، أو للجنس والعرق، يعد بمثابة الفضيلة الاولى!.
إن في موقف الأمازيغيين تجاه ماضيهم لنوعا من النبل
والشهامة، فكأنٌ لسان حالهم يقول: فليكن ذلك الماضي ما
كان، إنه لا يهمنا.
لكنٌ فيه أيضا نوعا من الغفلة والسذاجة، مادام لأقوال
الناس في الناس تأثير على تصورات عامة الناس وتخيلاتهم
وتبلور آرائهم سواء أ كانت تلك الأقوال صادقة أم كانت كاذبة.
وما أكثر ما قاله الناس بخصوص الأمازيغيين منذ فجر التاريخ، 

 

Posté par anir elmanouzi à 11:40:00 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


Le standard du tamazight, quelle langue et pour quel avenir ?

Photo_571

       

Un   bon alphabet est nécessaire mais il n’est pas suffisant pour une bonne évolution   d’une langue. Cela nécessite également que le standard du tamazight qui   sera proposé reste collé à la réalité linguistique des gens et qu’il ne   soit pas vomi par des « techniciens linguistes » dans le   but de construire une nouvelle langue destinée à des gens « cultivés »   et à laquelle ma grand-mère ne comprendra rien du tout. Ces gens « cultivés »   parleront entre eux un jargon et se feront la grosse tête devant les petites   gens qui n’y comprendront rien du tout. C’est un problème social majeur,   chez-nous, que les gens scolarisés se considèrent comme étant des élus de   la société parce qu’en fait, ils avaient fourni des efforts considérables   pour apprendre sous la pression physique et psychologique de leurs « éducateurs ».   Mais c’est un autre problème.    

 

         

 

Dans   ce standard, les informations télévisées ou les journaux ne doivent pas être   un code incompréhensible que seuls les gens qui étaient à l’école seront   capables à peine de déchiffrer. Ce sera mettre le tamazight dans une cage de   laquelle elle ne pourra jamais sortir. La langue doit rester accessible au   langage de la rue afin de demeurer vivante. La sortir de la rue, la confiner   dans des livres, sera la condamner à ne plus évoluer qu’au bon vouloir de   certains spécialistes qui seront des prophètes de la linguistique   amazighe. Ces derniers se feront un grand plaisir d’être les détenteurs de   la vérité absolue, de la connaissance suprême, en matière du tamazight.   Ils seront là pour informer les gens ignorants et s’accapareront les postes   et les positions qui lui seront destinés.   

 

         

 

Cependant,   ce standard ne doit pas être non plus une simple transposition de la langue   de la rue qui est actuellement pleine de mots empruntés à d’autres langues   dont l’arabe, le français, l’espagnol, etc. Il doit s’inspirer de l’héritage   linguistique énorme du tamazight, qui reste d’ailleurs à réunir, à   classifier, à comprendre, avant son utilisation par les vrais spécialistes   qui nous aideront, grâce à leurs efforts positifs, à donner une nouvelle   impulsion à notre langue en vue de la rattacher au monde moderne dans tous   les domaines et plus particulièrement au domaine de demain qui sont les   technologies de l’information, qui englobent bien évidemment l’ensemble   des disciplines de ce secteur d’activité humaine.   

 

         

 

Arguments en faveur de l’alphabet latin universel   

 

         

 

Arguments   politiques et économiques

 

         

 

  1.    L’alphabet latin est universel   et la civilisation occidentale a imposé au monde qu’on le veuille ou non,   par sa force, des valeurs et des bouleversements très profonds, non seulement   dans les domaines techniques et technologiques, mais également dans les   domaines des valeurs sociales, culturelles et dans le domaine économique. Même   si l’on est idéologiquement, car il n’y a plus aucune autre raison,   contre l’Occident, nous ne pouvons pas éviter l’interaction sociale et économique   entre les sociétés à part si nous voulons nous confiner, nous cacher, nous   protéger, dans notre coin de peur d’être agressé par des fantômes   imaginaires que nous avons du mal à identifier, à la place de les affronter.   Nous voulons les technologies et leurs bénéfices mais nous refusons les gens   qui en sont les maîtres.    

 

         

 

  2.    La candidature du Maroc auprès de   la Communauté Économique Européenne nous apprend que dans l’avenir nous   aurons à nous ouvrir vers l’Occident contrairement à ceux qui préconisent   une fermeture des frontières et des aéroports pour nous protéger de je ne   sais plus quel danger. Le choix de l’alphabet latin va donc dans le sens   d’un choix stratégique global que le Maroc a adopté dans d’autres   domaines car traiter avec la communauté européenne n’est pas une pure opération   économique. En effet, cela implique également des considérations sociales   et culturelles dont l’immigration est la plus évidente.    

 

         

 

  3.    L’utilisation de l’alphabet   araméen nécessite d’ajouter à ce dernier, d’après l’amazighizant   Karl Prasse, des caractères spéciaux pour la prise en compte de toutes les   spécificités et toutes les subtilités du tamazight. Cela veut dire la   fabrication de nouvelles machines à écrire adaptées aux nouveaux caractères,   le développement de nouvelles plates-formes logicielles et matérielles en   matière des technologies de l’information afin de mettre les moyens   modernes de communication au service du tamazight. Des coûts considérables   avec aucun gain notable.   

 

         

 

  4.    D’autres pays, tel que le Mali,   utilisent déjà l’alphabet latin pour transcrire le tamazight. L’Algérie   où le tamazight est enseigné dans certaines universités, telle que   l’université de Tizi-Ouzou ou de Bejaia, utilisent également l’alphabet   latin pour dispenser ses cours en tamazight. Choisir un autre alphabet c’est   aller à l’encontre des tendances internationales en matière du tamazight, car tamazight est   une longue internationale dans le sens où elle est parlé dans de nombreux   pays. L’on peut prétendre que cela ne nous regarde pas ici au Maroc, mais   dans un moment où la mondialisation est un processus inévitable, et on le   voit bien avec les événements du 11 Septembre à New York, le tamazight dans   notre pays se verrait restreindre les chemins de la liberté. Les recherches   académiques en matière du tamazight dans les autres pays nous seraient   inaccessibles qu’à la suite d’efforts supplémentaires, les relations   scientifiques avec les autres centres de recherche réduites au minimum   absolu, etc.   

 

         

 

Arguments   linguistiques

 

         

 

  1.    L’Alphabet tifinagh est un   alphabet phonétique très ancien et il a été conçu d’une manière étrangement   proche de l’alphabet latin. Le choix d’un alphabet techniquement loin du   tifinagh aura des répercutions sur l’évolution et le développement du   tamazight. Trop d’ambiguïtés ne seront pas résolues qu’au prix d’un   grand effort humain et financier qui sont par ailleurs inutiles.   

 

         

 

  2.    Nous savons que le tamazight est   une langue agglutinante contrairement à l’arabe par exemple. Le tamazight   utilise également la préfixation et la suffixation : Des techniques   linguistiques dont l’alphabet latin a fait ses preuves avec les langues   romanes (une branche des langues indo-européennes, dont le français,   l’allemand ou l’anglais sont des exemples.) L’utilisation des caractères   araméens obligeront, tôt ou tard, ces caractéristiques, fondamentale pour   l’avenir du tamazight, à disparaître à moins d’un effort linguistique   supplémentaire. Pour une langue agglutinante, tel que le tamazight, il faut   un alphabet qui a déjà fait ses preuves dans ce genre d’expérience.   L’alphabet latin est adapté aux langues agglutinantes tels que le français   et l’anglais et il sera adéquatement adapté au tamazight.   

 

         

 

  3.    L’absence de voyelles dans   l’alphabet araméen (juste trois voyelles longues alors qu’il en faut six   d’après Karl Prasse), en tant que lettres, pose un énorme problème de   transcription comme nous l’avons vu dans les exemples ci-dessus. Karl Prasse   préconise qu’il faut de nouveaux caractères spéciaux à tamazight pour   qu’il soit écrit avec l’alphabet araméen. Par contre, l’alphabet latin   est universel et il sert déjà à écrire des milliers de langues. Une   batterie de caractères spéciaux a déjà été développée et prête à   l’utilisation, ils sont disponibles sur le matériel technologique et ne nécessitent   pratiquement aucun investissement humain ou financiers inutiles. Il y a évidemment   des adaptions à faire au tamazight mais cela sera de l’ordre du dérisoire   en comparaison avec le matériel à développer avec un autre alphabet,   qu’il soit araméen ou tifinagh.    

 

         

 

Arguments   scientifiques et technologiques      

 

         

 

  1.    La recherche académique dans le   domaine du tamazight est mondiale. Il existe des universités de part le monde   qui travaillent sur tous les domaines amazighs, la linguistique, l’histoire   jusqu’à l’anthropologie; aux État-Unis, en France, au Canada, au Japon,   etc. L’ensemble de ces établissements utilisent pratiquement tous   l’alphabet latin pour transcrire le tamazight. L’utilisation d’un autre   alphabet confinera les recherches académiques au niveau national dans leur   coin sans aucune communication avec les autres et sans aucune prise en compte   des recherches étrangères que moyennant des retranscriptions. Cela n’aider   pas le développement naturel du tamazight et ne l’aidera pas non plus à bénéficier   du travail de recherche déjà effectué par d’autres. L’utilisation de   l’alphabet déjà utilisé par d’autres permettra une communication plus   accrue et plus efficace avec les autres établissements, avec les autres   chercheurs. Ce sera de l’argent de gagné à la place d’engager de   nouvelles recherches dans des choses déjà trouvées depuis longtemps.   

 

         

 

  2.    L’écriture de droite à gauche.   Une adaptation est toujours possible aux technologies modernes mais difficile   pour les logiciels courants. Bien sûr cette adaptation, comme toute autre   adaptation, est toujours possible mais son coût est exorbitant et un travail   supplémentaire doit être fait afin de rendre utilisable des logiciels par   rapport à l’adaptation requise pour une transcription latine du tamazight.   

 

         

 

  3.    Le traitement automatique de la   langue naturelle elle-même est au cœur de la technologie de l’information :   La traduction automatique, la lecture automatique de documents (la   reconnaissance des formes), la saisie et le traitement automatique de   dictionnaires, etc. Dès demain, le problème de la saisie et du traitement   automatique de l’ensemble du lexique du tamazight dépendra de l’alphabet   utilisé. Dès demain, il faudra des ordinateurs pour traiter et manipuler les   mots du tamazight pour les mettre à la disposition des chercheurs pour des   recherches académiques, pédagogiques, etc. Dès demain, il faudra des coûts   exorbitants et des moyens humains considérables pour accompagner la mise en   place et la mise au point des logiciels correspondants, à la place d'aller   prendre un alphabet beaucoup plus facile, beaucoup plus adapté et beaucoup   moins coûteux. Nous pensons sincèrement que la raison doit l’emporter sur   les penchants idéologiques.   

 

         

 

  4.    L’utilisation de l’alphabet   latin n’engagera que peu de coûts pour adapter les logiciels courants à   tamazight. Cela se passera comme entre l’anglais et le français avec ses   différents caractères ayant des accents. Ce qui coûtera moins cher au futur   Institut Royal pour la Culture Amazighes (IRCA). Prenons un exemple pour être   concret. Le système Word de Microsoft pourra facilement passer de l’anglais   à tamazight avec l’alphabet latin contrairement à l’alphabet araméen. Ce qui représente un gain économique considérable et le logiciel   pourra être disponible en beaucoup moins de temps. Avec l’alphabet araméen   ou tifinagh, il faut mettre sur pied des entreprises spécialisées dans le   traitement automatique du tamazight, dans la production de logiciels et du matériel   spécialisé pour le tamazight. Ce sont là des projets économiques cachés   que les partisans d’un autre choix cherchent à accaparer en leur faveur.   

 

         

 

Arguments pédagogiques

 

         

 

  1.    La graphie adoptée par une langue   comme alphabet est d’une importance capitale et primordiale dans   l’apprentissage de cette langue et dans son évolution auprès des gens qui   s’y intéressent. Une langue inutilement compliquée dans sa graphie, dans   les ambiguïtés de son écriture, n’aidera pas les gens à s’y intéresser,   même ses propres locuteurs. Par conséquent, elle est vouée à ne pas être   au centre de l’intérêt dans beaucoup d’activités sociales et économiques.   

 

         

 

  2.    Le prix payé, en énergie   psychologique, par l’apprenti d’une langue est pertinent pour déterminer   le degré d’intérêt et l’énergie que l’intéressé sera prêt à   mettre pour continuer à s’intéresser à cette langue. Or la graphie dans   le processus d’apprentissage est fondamentale. C’est un ensemble de   symboles qui n’ont pas uniquement comme fonction de transcrire les mots   d’une langue sur le papier mais ils sont également des symboles ayant une   valeur psychologique qui s’intègre aux fonctions inconscientes. Le degré   de la difficulté rencontrée à les apprendre peut être en défaveur du   processus de l’apprentissage dans les niveaux scolaires supérieurs. Par   contre, une graphie logique, claire, sans ambiguïté, sans difficulté, crée   un climat agréable et favorable à l’apprentissage. La graphie elle-même   doit être conçue, non pas comme une fin en elle-même avec des difficultés   insurmontables, mais comme un simple moyen pour apprendre autre chose.   Cependant, ce moyen doit être le plus efficace, le plus clair et le plus   logique possible.   

 

         

 

  3.    Pour être une graphie claire et   logique, par conséquent facile à apprendre, une graphie doit refléter   visuellement l’ensemble des caractéristiques des mots de la langue. Les   choses doivent être explicites et apparentes sur les transcriptions et non   pas rester en suspens, dans l’air, en laissant le soin à l’apprenti   d’acquérir et d’intégrer un minimum de compétence dans cette langue   avant de pouvoir les assimiler. Écrire le tamazight avec un alphabet dont la   quasi-totalité des voyelles est absent, c’est réclamer de l’apprenti   plus d’effort et d’imagination. Ce qui est négatif pour l’apprentissage   lui-même. Par contre, un alphabet complètement explicite, avec des consonnes   claires, des voyelles adaptées à toutes les situations, sans ambiguïté,   aide l’apprenti à voir graphiquement, visuellement, ce qu’il est en train   d’apprendre à la place de l’imaginer, et l’on sait l’impact   psychologique de l’image dans le processus d’apprentissage et de la   consolidation des idées dans la mémoire humaine. Une image vaut mille mots,   comme on dit, et c’est exactement le cas de l’alphabet qui n’est à   première vue que des images pour un enfant qui commence à apprendre la   lecture car, pour lui, ces graphiques n'ont pas encore une valeur à caractère   psychologique, comme chez l’adulte. Par conséquent, pour un enfant qui   apprend l’alphabet pour la première fois de sa vie, les images (أ)   et   (إ)   son   pratiquement identiques par rapport à la différence qu’il y a   entre (a) et (i) qui sont   nettement et explicitement deux lettres différentes. Il ne s’agit donc pas   d’un penchant idéologique ou du fait d’être habitué ou pas avec un   alphabet ou un autre. Il s’agit objectivement d’être le plus explicite,   le plus clair et le plus logique possible. Un alphabet inutilement compliqué   et non complètement explicite ne fera pas des enfants heureux et épanouis,   et encore moins des savants et des inventeurs.   

 

         

 

Compte   tenu de l’ensemble de ces arguments, choisir un autre alphabet ne relèvera   que d’un penchant idéologique machiavélique visant à manipuler un   patrimoine culturel et linguistique national dans un but autre que de servir   le tamazight et les citoyens qu’il intéresse. Un autre choix sera considéré,   parce qu’inadéquat et non fondé sur des faits réels et scientifiques,   comme étant une machination contre l’ensemble du patrimoine linguistique et   culturel amazighs. Ce sera déclarer le sacrifice suprême (la mort) de ce   patrimoine et lui préparer des embûches, des pièges et des obstacles afin   de l’enterrer vivant dans un alphabet inutile et inutilisable que moyennant   des efforts humains et financiers considérables, et dont on sait qu’ils ne   sont pas à la portée du patrimoine financier actuel du tamazight.   

 

         

 

Par   conséquent, à la place de faire de la démagogie, de prendre des décisions   hâtives, arbitraires et non fondées sur des faits avérés et fondamentaux,   soyons plutôt plus objectifs et regardons les choses en face afin de nous   doter d’une écriture qui permettra à notre langue nationale d’accomplir   sa mission sociale et économique que SM le roi, que le bon Dieu fasse qu’il   aille au terme de sa mission, a bien voulu lui permettre dans un Maroc   moderne, démocratique et libre. En bref, un pays démocratique et de droits   de l’Homme.    

 

         

 

Les décisions d’aujourd’hui sont des choix irréversibles de   demain   

 

         

 

Le choix   d’aujourd’hui est un choix qui sera irréversible demain. Une fois que les   manuels scolaires, les dictionnaires, les ouvrages littéraires, développés,   il ne sera plus possible de changer l’alphabet à moins d’engager des   moyens financiers et humains considérables. La Turquie était capable, au début   de ce siècle, de changer l’alphabet de sa langue en adoptant l’alphabet   latin à la place de l’araméen à cause justement de son inefficacité,   mais c’était tout un État qui s’était mobilisé et engagé dans ce   processus gigantesque. Prenons donc de sages décisions dans l’objectivité   et loin de toute idée idéologique subjective.

 

         

 

Des gens pourront peut-être   se demander, mais quelle relation existe-t-il entre le tamazight et les   technologies de pointe ? Quel rapport peut-il exister entre de vulgaires   dialectes et une technologie de haut niveau ? Nous disons simplement que le   tamazight est une langue de l’avenir si les choix d’aujourd’hui sont   bien faits en dehors de toute considération idéologique et en se basant sur   des faits scientifiques. Nous faisons confiance à l’avenir et il suffit de   donner les moyens et le temps à tamazight pour démontrer ce qu’elle est   capable de faire. Dès demain, l’IRCA devra se doter d’ordinateurs et de   Bases de Données spécialisées (BD) dans la manipulation des données   linguistiques ayant trait par exemple au lexique, à son traitement automatisé,   à sa manipulation et à son partage entre les chercheurs du monde entier par   l’intermédiaire du réseau Internet. Cela facilitera considérablement les   recherches linguistiques amazighes. C’est lorsqu’on s’apprêtera à   mettre en place cette base de données, que le rôle, l’importance et la   pertinence de l’alphabet apparaîtront avec une évidence aveuglante.

 

         

 

Pour conclure, nous   considérons qu’en dehors de tout penchant politique et partisan, qu’en   dehors de toute préférence idéologique, si nous prenons la peine   d’analyser concrètement la situation avec un esprit impartial et libre de   tout jugement préparé d’avance, nous constaterons assez aisément que le   choix de l’alphabet latin est le meilleur choix pour servir les intérêts   du tamazight. Un autre choix cache sûrement autre chose que la pure cause   amazighe.

 

         

 

Aïcha Aït-Hammou   

 

 

Posté par anir elmanouzi à 11:39:00 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

LE PECHE ATLANTIDE OU QU'EST-IL DE L'AMAZIGHITE LOIN DES IMAZIGHEN?

«Nous descendons et nous ne descendons pas dans le même   fleuve; nous sommes et nous ne sommes tous pas.»  (Héraclite)     

         

 

De quel droit les autres peuples, mille et   une fois conquérants et usurpateurs, donnent-ils un nom au peuple amazigh? Le   nommer berbère, barbare et barbari, lui montrer la voie de ladite   civilisation, lui proposer une graphie d'occasion, le recevoir dans un   cul-de-sac pour lui signifier combien l'amour est authentique. De quel droit   les Imazighen ont-ils à s'éloigner de leur être, à rêver infiniment, à   créer d'autres lieux d'être et à s'éloigner d'un devenir positif?   

 

Le présent essai est l'aboutissement d'une   réflexion simple sur le devenir de l'être amazigh, tantôt synthétique dans   l'ontologiquement amazigh, tantôt éparse ou dispersée dans le   subjectivement subjectif. Faut maintenant dire les choses d'une manière précise   et claire, d'une part pour démystifier (pourquoi pas démythifier) les   projets (vides) qui resurgissent pour dire combien l'on se soucie de cet «impensable»   flanc obscur de l'être maghrébin, et d'autre part pour composer le «mea   culpa» amazigh si nécessaire en ces moments de crise, envers les vendeurs «nommés»   de la cause amazighe.   

 

         

 

I- Tamazight est un péché!   

 

Il était une fois, selon Platon, une île   fabuleuse dite «Atlantides» dans l'océan Atlantique. L'on dit qu'elle était   habitée par les Imazighen. Au moment où l'île sera engloutie à la suite   d'un cataclysme neuf mille ans auparavant, les habitants prirent des   embarcations pour accoster l'Afrique du Nord, et la péninsule ibérique.   Platon n'a pas raison: le Maghreb est la première terre des Imazighen.   

 

La question amazighe est une actualité   historique (très antique). A ne pas définir comme la nette rupture entre un   avant et un après dans le devenir du typiquement marocain liée à un fait précis,   elle est au-dessus de toute institution ou de tout fait. Elle n'est pas   datable à une année, ni à une dynastie, ni à une institution, mais à   l'origine.    

 

Seulement, il s'avère que de l'amazighité,   on en fabrique des péchés (culturels, politiques et historiques). Quels ont   été alors les péchés de l'amazigh pour rester «indésiré» et «inactuel»?   Quel est ce péché originel? Pécher, c'est parler en tamazight. Pécher,   c'est se définir en tant qu'amazigh. Pécher, c'est choisir l'amazighité (un   ensemble de traits qui définissent l'amazigh sur tous les plans). Pécher,   c'est mettre l'amazighité dans un devenir positif.    

 

L'idée de l'amazigh pécheur a commencé   avec les premières conquêtes de Tamazgha qui sont venues toutes pour «تcorrigerت»   et «تciviliserت»   les autochtones de l'Afrique du nord, les mettre sur la voie de la   civilisation ou pour les définir dans un sens ou dans un autre.   

 

II- Un collier de péchés…   

 

Après un long collier de promesses mensongères   (Si l'on promet quelque chose, il faut l'accomplir), après des décennies de   répression démocratique (Si l'on efface   et altère la culture d'un peuple, il est question de la répression démocratique)   et après un tourbillon de revendications amazighes (Faut justement le dire:   le mouvement amazigh au Maroc n'a   jamais assumé et défendu un seul discours), la question qui se pose   maintenant au seuil de l'introduction mensongère, répressive et   tourbillonnante de tamazight à l'école(ce qu'on appelle communément «Alistinass»   ou «Attafatuh» (encore un autre!): Mayemmi rexxu? (Pourquoi maintenant?) Que   faire alors pour «repenser» cet «impensable»? Cette introduction demeure,   pour nous, un arpentage de territoires peu sûrs, mus par des intérêts   majeurs, fixés/balisés par des règles séculaires, comportant divers   risques, et d'abord celui de ne point être libre dans la pensée ni dans   l'action.   

 

Et la remarque à faire: ce pays est dit   politiquement musulman, amazigh et arabe. Et l'on découvre qu'il n'a jamais   été censé appartenir historiquement à l'héritage marocain, sorte de péché,   d'opprobre et de complexe. Car sauvage et inférieur personne ne veut être en   ces temps modernes. Les livres scolaires, les administrations, les ministres   et hauts responsables regardent d'autres terres pour dire combien ce sol foulé   fait le même corps avec l'au-delà. L'au-delà germe ici, ici n'existe pas.   Voilà notre dilemme. Les années, les décennies et les siècles véhiculent   le même rêve atlantide des Imazighen (propre aux Atlantides): être par le   non-être.    

 

Voilà l'équation de l'être pour le maghrébin:   Devenir autre «pur». Etre Amazigh au Maghreb = être soi «pécheur»   

 

Point de lecture, ni d'interprétation.   

 

Et les journalistes des grands quotidiens   (appartenant aux deux rives d'un fleuve lointain et anonyme) se livrent depuis   toujours à des exercices «fascistes» contre l'amazighité, nous informant   autant sur la négation de l'institutionnel à dénaturer que sur   l'impossibilité à implanter un autre mode de pensée différent à celui du   peuple marocain.   

 

Maintenant, les siroccos de la démocratie   soufflent sur le Maghreb. Le même projet d'altération continue, entrepris   par les amazighophobes et salué par les dits amazighistes. D'autres   Atlantides, origine de l'altérité, fondent notre monde. Les trous et les fissures accélèrent la rencontre avec la   submersion. A quand la juste conception de l'être amazigh pour être?   

 

De tous ces rêves et projets étatiques,   nous ne recueillons que le même opprobre d'être amazigh. Est-ce là une   proposition démocratique d'un gouvernement fait de plusieurs partis et qui se   veut à la fois ersatz et dépassement de ces répressions, de ces tourbillons   et de ces rêves atlantides? Est-ce là un projet d'Etat moderne? S'il est   naturel que les aires d'un même pays renferment un conjoint de langues, de   cultures et de modes; pourquoi un projet pour subjuguer l'authentique, le   premier et l'irréductiblement identitaire à l'exogène et à l'atlantide?   Equation terrible, non démocratique (susdite). «Cette diversité est   enrichissement», ânonnent de partout les politiciens, les intellectuels et   les historiens à l'orée des élections générales. Ce n'est pas beaucoup   deux langues pour un pays? C'en est trop, l'enfant se perdra. Ah, voilà   l'enfant amazigh qui vient de naître dans leurs préoccupations! Faut penser   aux réactions des autres. Faut pas brusquer les choses. Ecrire comme   l'entendent les autres, lire comme veulent les autres, se construire comme le   «malpensent» les autres. Chers confrères Imazighen, laissez-nous écrire à   votre place. Choisissez la graphie arabe car nous sommes frères. Lisez, écrivez   en arabe votre être profond car une même âme nous lie. Laissez de côté l'amazighisme   pour bien insister sur l'arabisme pour former une même âme contre l'Impérialisme!   Dans tout cela, de quel état de choses est-il précisément question? D'un   amazigh auquel on enseigne à tendre l'autre joue de peur que la main du «correcteur»   ne s'ennuie à gifler la même joue. D'un état chaotique où l'irresponsable   gère tout, et le non démocratique se veut démocratique? Ne revient-il pas   de droit aux Imazighen de se nommer, de s'exprimer librement, de se lire, de   s'écrire…?    

 

Enfin, nous avons une autre question:   Pourquoi le Maroc, et tout le Maghreb, n'apparaît pas amazigh alors qu'il   l'est? L'on reconnaît le Maghreb non amazigh comme arabe. L'on ne reconnaît   pas le Maghreb amazigh. Ne pas reconnaître l'amazighité du Maghreb et   reconnaître sa non-amazighté sont deux démonstrations différentes, et   combien la dimension idéologique y est le seul recours, sorte de point de   convergence (combien terrible à découvrir!).   

 

         

 

III - Démêler l’être pécheur de ses péchés   

 

Quand il est question de l'amazighité, la gêne   et l'obligation resurgissent violemment. Derrière cette violence, il y a la   part importante pour l'expiation. Et l'amazigh commence à acquérir des   gestes pour plaire à l'invité, à l'éxogène afin de surpasser la honte d'être.   A peine conscient de sa maîtrise de l'espace «intime», «propre» et «hérité»,   l'amazigh pécheur est appelé à se situer hors de son être. Se produit   brusquement une hésitation violente dans ses fondements, ses convictions et   sa perception du monde. En Afrique du Nord, parler de soi, se nommer, agir en   tant qu'amazigh… voilà l'enchaînement d'un ensemble de péchés. C'est   pourquoi l'amazigh est à définir comme un bon lecteur de Rimbaud: «Je est   un autre.» Un lecteur impersonnel de tout indice , signe ou phénomène. De là,   ces fameuses phrases réitérées à tort et à travers: «Min teggim? Man   tira i gh ad teggem? Kenniw… Kenniw… Kenniw…» Le Nous / Je   change en Vous / Ils. Cette déstabilisation des significations de l'Ego, de   l'Ego collectif est manifeste partout. Précisément, il est à remarquer une   mutation de l'identitaire historique (Je/Moi substantiel pris dans sa   signification de cosmos infinitésimal et infini) au profit d'un Alter Ego   poreux, inconnu, sans consistance et en perpétuelle mutation. La déperdition   commence au moment du transfert.   

 

En général, l'amazighité se trouve   tiraillée entre deux pôles réducteurs: le Pouvoir répressif d'une part, et   d'autre des Imazighen souffreteux et complexés. Pour le Pouvoir, lire l'être   de cette culture «détruite» est une chose légère. Voilà une illusion   aberrante car il n'y a pas de reconnaissance effective de la réalité   socio-linguistique. Si lecture il y a, c'est pour voir clairement, pour les   amazighistes, l'essence des choses «mise en miettes» s'avère impossible;   une vision de l'Etat doit être plus sage. Dire ce que nous sommes en tant   que culture dominée, en un système de mots et de lettres, est tributaire   d'une action 'aberrante', parler de l'amazighité est de l'idéologique pur.   Parler de «soi-nous» même, un rêve à projeter dans l'absence. Dire que   tamazight appartient à tous les marocains est du prosaïsme déplacé. Donc,   il reste à savoir: A quand la reconstruction de la personnalité maghrébine   pour récupérer le fuyant dans l'égarement d'une histoire à refaire? Là,   l'institutionnalisation, et non l'institutionnel, est d'une grande aide quand   elle est authentique.    

 

Par ailleurs, ce serait erroné de donner   l'opportunité à ceux qui ont pendant des siècles détruit l'être amazigh,   une autre opportunité pour reconstruire cet être. Ce serait forcément de la   reconstruction qui mène à la destruction. Confiance y a pas… Une vision négative,   de mépris et de défi entremêlés, découle de leurs regards. Aussi un   espoir obscur nourrissent-ils toujours à tout ce qui est amazigh.   

 

Les militants amazighs, sensiblement   conscients de l'importance de tamazight pour tout le Maghreb, se voient être   plus concernés que les autres, ils crient fort espérant avoir des auditeurs   officiels. Il y est question d'une affaire «nationale», «de tout le monde»,   «des démocrates», disent-ils, répètent-ils et croient-ils. Mais à bas   les pleurnicheries, les complexes et les rêves atlantides. Là, rappelons-le,   faut encore le dire, que lorsqu'il est question de l'amazighité, tout se   contredit: les institutions se contredisent, les autorités se contredisent,   les journaux se contredisent, les partis se perdent entre une voix (à gagner aux urnes) et une voie (un labyrinthe pour se débarrasser   de cette part insoluble et essentielle de l'héritage amazigh). Par exemple,   il y a la graphie arabe pour tamazight proposée par les partis arabistes au   Maroc; leur intérêt est destructeur, miné de rancune historique et de dépendance fatidique. Marginaliser tamazight, la détruire,   la ruiner pour la reconstruire à la fin! Où est la vérité? L'amazighité   est derrière cette contradiction, plutôt elle en est l'origine. De là,   tamazight n'est-elle pas la chose à citer pour la cacher, la question à poser pour l'éviter, similaire au péché originel?   

 

Là, le rêve amazigh, en tant qu'ensemble   de péchés intériorisés, devient une initiative redoublée dans sa   complexité, dans ses occurrences contradictoires: mouvoir l'immobile, récupérer   l'irrécupérable. Que faire? Faut se rappeler que les qualificatifs ne désignent   que l'être changeant, que les journaux, les hautes gens et les partis ne font   que déprécier cet héritage, ils le font justement pour rappeler un état de   fait. L'amazigh n'a aucun moyen; cette image négative et le fonctionnement   qu'on en fait dans la société, le démontrent démuni et source de   catastrophes incommensurables.   

 

Que faire? L'amazigh hésite trop avant   d'agir jusqu'au point de se conformer au jeu absurde de la fatalité «négative»,   celle qui refonde tout. Cette infériorité, loin d'être déchirante et   raison pour une remise en question de tout, tranquillise l'amazigh, et l'idée   à se résigner au «destin noir, négatif» et à se rechercher «ailleurs,   sous d'autres pelages» et autrement. Par conséquent, l'amazigh rêveur n'a   aucun souci du lendemain car il voit son être projeté, de raison, dans   d'autres formes d'être. Il peut reprendre son avenir afin d'assurer un   devenir propre et adéquat. Il peut aussi se situer. Il peut vivre amplement   son être, mais quelque chose lui manque terriblement: son identité   authentique.   

 

A cause de ces faux rêves, l'amazigh ne se   trouve plus dans l'ordre moral de ses aïeux. Pas de péché, tant que l'ordre   nouveau soit synonyme d'aliénation et de déperdition. Il poursuivra cette   voie atlantide qui le sauve de la noyade et l'emmène vers la mort lente.   

 

Le voilà qui refait son monde paisiblement,   sans rancune, sans malveillance, en organisant un univers chaotique et dur.   Paradoxalement, il est tolérant avec l'Autre (qui le renie), et intransigeant   avec son congénère (avec qui il peut réaliser une forme d'être correcte,   plus solide). L'amazigh aura donc tort de croire à la bonne intention des   autres, et de se méfier de ses confrères. Voilà la situation impossible   d'un pécheur...   

 

Une fois en danger, il est un être non   pensant. Il se fait petit et servile devant l'Autre qui non seulement le renie   mais le déforme aussi. Dans tout cela, est-il cet amazigh innocent? Non, il   n'est jamais innocent: il se veut esclave de son propre gré, recherchant la   dissolution de son être, dans le champ des illusions connues. Hélas, toujours les mêmes traces du même rêve.   

 

         

 

IV - Et du faux ordre des choses…   

 

Le voilà l'amazigh, par conséquent, dans   le couronnement de son non-être, dans l'empyrée d'une mutation-effacement   dans une société rendue bizarre, étrangère à elle-même. En sortant de sa   petite famille protectrice, régie par une langue précisée, une culture déterminée et une vision définie, en se voyant introduit / mis de   force dans un espace inconnu, différent et opaque (l'école), l'enfant   amazigh (d'un âge entre 4-7) souffre immédiatement et de manière univoque.   Tout concourt à lui rendre la   vie difficile: il est amené à choisir entre la marginalisation et l'altération   Des complexes douloureux enrichissent ses rêves atlantides… De là, naît   son aversion à son propre être qui ne lui assure pas la continuité. Le   bonheur qu'un enfant ne demanderait pas mieux que de lui assurer dans son éducation   (depuis le ventre jusqu'à l'entrée dans l'institution) l'homogénéité,   l'harmonie et l'unité. Il est forcément aisé, faut le dire, que l'ordre des   choses, pour l'amazighité, revient à être un défi de l'existence: se   multiplier ou rester univoque. Un être qui tend à prendre de multiples   formes sans varier de valeurs ni d'essence, est un être sain, riche, éternel   mais démuni de tout. Ce doit être la voie réelle de tamazight: Rester   univoque, volonté de s'auto-détruire.   

 

Ajoutons à cela, l'hypocrisie des   amazighophobes qui nous posent un grand nombre de questions: Quelle graphie,   combien de dialectes, à quoi bon l'enseignement d'une langue friable, de quel   droit une culture misérable peut vivre? Ils oublient de poser la vraie   question: Pourquoi des siècles se sont écoulés avant la reconnaissance de   cet héritage premier? Rectification: Fausse reconnaissance. Point de   paternalisme mensonger, répressif et tourbillonnant. A cette position   s'adjoint la position des pauvres Imazighen qui ne cessent de pleurnicher, de   regretter leur sort de culture moribonde! Quelle joie pour l'amazighophobe de   voir un amazighiste plaindre sa destinée! Dans l'histoire de l'opprobre, il   n'y a que ces joies, sous forme de jeux cyniques pour tout altérer, devant un   être faible et fragile.   

 

Quel appui pour l'amazigh? Rien. Rien de   propre. Quel soutien que des illusions, des vanités et des mensonges   historiques qui ne défendent que l'autre et tuent le «à soi» (propre)? Des   structures dépendantes pour l'affranchir! Quel dilemme ontologique: faire   d'un corps un cadavre vivant.   

 

Peut-il l'amazigh prendre confiance dans un   espace d'anéantissement? Tragiquement le sien. Surtout encore, quand on lui   offre le faux salut qui le mène à la dissolution? «Al istinass» et   d'autres discours atlantides (ou institutionnels), de plus en plus loin de   l'essence de l'amazighité, en   sont une bonne illustration. A quoi sert-il d'apprendre à être autrui quand   on ignore tout de soi? S'abandonner alors au désespoir est une technique /   philosophie gérée, créée et préparée par les autres? Non, non et non.   N'eût-il mieux valu pour l'amazigh penser intégralement son être en   analysant objectivement que réagir négativement / subjectivement? Là, il   n'y aura pour lui ni faute ni erreur. Par ailleurs, une faute commise contre   l'amazighité par un amazighiste nécessite des années d'expiation, d'autant   plus que les ennemis de l'amazighité sont partout, et ils ont une expérience   à mesurer par des siècles.    

 

Surtout, il y a urgence à fonder des   institutions pour l'amazighité, indépendantes, à un moment crucial de   l'histoire du Maghreb où l'on ose enfin parler d'un projet de la démocratie   au pays. Car sans cette urgence, le Maghreb que nous aimons tous du même   amour, rate le train de la… Peut-il alors l'Institut Royal de Tamazight répondre   à ces aspirations justes de l'amazighité?   

 

         

 

En conclusion…   

 

L'esprit de l'amazighité se veut démocratique,   ouvert sur tous les maghrébins.   

 

L'amazigh n'a pas péché, les autres ont péché   à sa place, et continuent de le faire. Mais il lui revient de droit d'expier.   C'est pourquoi sa force d'être reste son   de-venir à tout changer, maintenant passif, mais peut-être un jour elle sera positivée.   

 

Et puis pardonnez cette ultime phrase; elle   vous déplaira sans doute puisqu'il est question d'un portrait «noirciste»:   Le «Connais-toi toi-même» (de Socrate) est une maxime utile pour le maghrébin,   mais son développement «Fais-toi toi-même» devient, outre toutes les   institutions et les lois, plus utile et urgent pour ce rêveur amazigh qui se   voit pleurnichant son sort au milieu d'un océan, sur l'Atlantide qui coule,   et nul horizon pour l'accueillir par pitié.

Sce: tawiza

1_picture2

Posté par anir elmanouzi à 11:38:00 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

الامازيغة في المغرب : الاصل و الفصل

من احتضان الإسلام إلى المعادلة الثلاثية

من الظهير البربري إلى تسييس المطالب

بعد منتصف القرن السابع الميلادي بدأت طلائع الفتح الإسلامي تصل إلى برابرة شمال أفريقيا، بمن فيهم سكان المغرب الأقصى، وبما أن الأمازيغ اشتقوا اسمهم من الحرية والإباء، فقد قاوموا الفتح الإسلامي بشدة لمدة تقارب سبعين سنة، وثاروا على الفاتحين اثنتي عشرة مرة قبل أن يستتب الأمر في نهاية المطاف، بعد القضاء على زعماء المقاومة الأمازيغية: كسيلة الأوربي، وداهيا (أوداميا) الأوراسية، وميسرة المطغري.

من احتضان الإسلام إلى المعادلة الثلاثية

لم تكن مقاومة الأمازيغ ضد الإسلام كعقيدة بل ربما كانت ضد بعض قادة الفاتحين الذين أساؤوا التصرف مع السكان وزعمائهم، خصوصا أن بعض الزعماء أعلنوا إسلامهم مثل كسيلة الأوربي، بل قيل إن طارق بن زياد -الذي قاد فتح الأندلس سنة 92هـ/711م على رأس جيش معظمه من البربر- قد يكون واحدا من أبناء داهيا (قتلت سنة 79هـ/698م)، كما ترددت روايات تفيد أن وفدا أمازيغيا قدم على الرسول صلى الله عليه وسلم وأسلم على يديه، وأن ستة من زعماء الأمازيغ قدموا على الخليفة الراشد عمر بن الخطاب فأكرم وفادتهم.

إن تجارب الأمازيغ المرة مع الغزاة و المستعمرين السابقين من رومان وبيزنطيين ووندال وفينيقيين.. جعلتهم ينظرون بحذر وريبة إلى كل قادم أجنبي، ولذلك فحينما استتب الأمر للإسلام في المغرب اعتنق البرابرة مذاهب الخوارج –وخصوصا الإباضية- واحتموا بالجبال للتعبير عن معارضتهم ورفضهم لبعض التصرفات، وأسسوا ممالك وإمارات خارجية استمرت حوالي ربع قرن في مكناسة وسجلماسة (من 123هـ/741م إلى 140هـ/729م).

وفي الربع الأخير من القرن الثاني الهجري جاء إدريس الأول –وهو من آل البيت– إلى المغرب فارا من بطش العباسيين فاحتضنته قبيلة أوربة الأمازيغية –نفس قبيلة كسيلة الذي ترأس أول مملكة أمازيغية في ظل الإسلام لمدة خمس سنوات (64هـ/69)- فقامت دولة الأدارسة بالمغرب وقضت على بقايا إمارات وممالك الخوارج بالمنطق معادلة ثلاثية الأبعاد.

 

وبما أن الملكية معروفة عند القوم: فالملك عندهم هو "أكليد" والمملكة "تكلديت"، فقد تم تدشين مرحلة جديدة تميزت بما يمكن تسميته منهج الاحتضان الأمازيغي للممالك الإسلامية بالمغرب، وينبني هذا المنهج على معادلة ثلاثية الأضلاع حيث يكون الملك من آل البيت أو من العلماء أو الدعاة، ويرتبط نسبه عن طريق المصاهرة بالزواج من بنات أحد أشراف القبائل الأمازيغية، وتتكون قاعدته الشعبية والعسكرية وعصبته القبلية من نفس القبائل، وعلى أساس هذه المعادلة أقيمت الدول الملكية بالمغرب كدولة الأدارسة، والمرابطين والموحدين، والسعديين، والعلويين.

وأضيف إلى مبدأ الاحتضان عبر العصور مبدأ اللامركزية، حيث تخضع القبائل لحكم مركزي دون أن يتدخل في شؤون حياتها اليومية، فإذا أخل الملك بالشرط ثار الأمازيغ على إخلاله دون نفض بيعته، وهذا ما رسخ معادلة جديدة ثنائية الأضلاع هي: إعطاء الشرعية للحكم المركزي عن طريق البيعة مع الاستقلال بالتدبير الذاتي للشأن المحلي.

وزيادة على ما سبق ذكره، حرص الملوك العلويون على تعليم الأمازيغية لأولياء عهدهم، ولم ينقطع العمل بهذا العرف إلا مع الملك عبد العزيز بن الحسن الأول في مطلع القرن العشرين لظروف خاصة منها أن أمه لم تكن أمازيغية، وانطلاقا من الملك محمد الخامس عادت الأمومة

الأمازيغية لتأخذ طريقها من جديد مع كل من الحسن الثاني ومحمد السادس.

من الظهير البربري إلى تسييس المطالب

عندما تعرض المغرب للاستعمار قاومه المغاربة بشدة، وكانت المناطق البربرية أشد مقاومة حيث استمرت مقاومتها إلى سنة 1936، كما أن عددا من أشهر المقاومين بالمجال الحضري نفسه كانوا من الأمازيغ، وكان عماد مقاومتهم حماية بيضة الإسلام بالالتفاف حول السلطان المجسد في شخص الملك.

وهكذا لم يجد الملك محمد الخامس غضاضة بادئ الأمر في توقيع الظهير البربري –الظهير هو القانون الصادر عن الملك- سنة 1930، والذي أباحت فيه السلطة المستعمرة للقبائل البربرية الاحتكام إلى أعرافها القبلية، على أساس أن ذلك امتداد للمعادلة الثنائية السابقة الذكر بين الملك والقبائل البربرية، ولم ينضم الملك إلى صف معارضة هذا الظهير الذي وقعه بنفسه وبدون إكراه، إلا بعد أن اقتنع بأطروحة الحركة الوطنية التي رأت في الظهير خطوة استعمارية قد تؤدي إلى تقسيم البلاد. وقد شكل اقتناع الملك نسفا لأحد ضلعي المعادلة الثنائية القائمة على اللامركزية تجاه القبائل الأمازيغية، وتعزيزا لمبدأ مركزية السلطة والدولة الذي كانت تحبذه السلطة المستعمرة كذلك .

وبعد الاستقلال مباشرة في سنة 1956، كانت الملكية معرضة للتهديد من قبل بعض فصائل الحركة الوطنية التي كانت تحلم بفرض النظام الجمهوري على غرار التجربة التونسية، ولكن سرعان ما استيقظت الأعراف من سباتها لتتحرك القبائل الأمازيغية سواء عبر قياداتها القبلية التقليدية (الخطيب/اليوسي/ أحرضان/ الوكوتي..) أو عبر مؤسساتها الحزبية ذات الشكل العصري (الحركة الشعبية كحزب ذي امتداد قبلي معظمه أمازيغي) لحماية الملكية من المخاطر المحدقة بها.

بل إن معظم أركان الدولة العسكرية والأمنية بعد الاستقلال اعتمدت في قاعدتها البشرية وقياداتها على المناطق القبلية وخصوصا الأمازيغية منها، وحتى حينما تعرضت الملكية لانقلابين عسكريين هددا وجودها في سنوات 1971 و1972، اعتبر البعض ذلك بمثابة تمرد من داخل البيت الأمازيغي نفسه خصوصا وأن معظم القادة الانقلابيين كانوا من القبائل الأمازيغية، كما أن الذين أحبطوا المحاولتين معا كانوا من نفس الطينة أيضا، كما أن القادة العسكريين الذين تم إعدامهم أو محاكمتهم هتفوا بحياة الملك، أو عبروا عن أنه تم التغرير بهم لأنهم إنما تحركوا بهدف حماية الملكية.

مع نهاية ستينيات القرن العشرين أسست جمعيات تدعو إلى الاهتمام بالثقافة واللغة الأمازيغيتين، وربما جاء ظهورها كرد فعل على الحركات السياسية القومية وحركة التعريب المركزية، ولكنها في معظمها لم تعلن نقض الولاء للملكية بل كانت تتوجه بمطالبها الثقافية إليها. لكن التجربة أثبتت أن الخطورة تكمن في عدم الاهتمام بمثل هذه المطالب الثقافية بادئ الأمر، إذ سرعان ما تتحول إلى مطالب سياسية في مرحلة لاحقة، ثم تتبلور المطالب السياسية إذا لم تتم معالجتها بسرعة كذلك إلى حركات مسلحة أو ربما انفصالية، وهذا ما حدث مع الأكراد في كل من العراق وتركيا، والزنوج في السودان.

ومنذ أواسط التسعينيات من القرن الماضي، تكاثر عدد هذه الجمعيات في مختلف مناطق المغرب -يفوق عددها الآن 600 جمعية- وبدأت مطالبها تتسيس: ومنها تعميم تدريس اللغة الأمازيغية على المغاربة، واعتبارها لغة رسمية، والتنصيص عليها في الدستور المغربي.

فهل شكلت هذه المطالب بداية للاحتداد والقطيعة مع الدولة؟ كلا. فإذا كانت الآلة الأمازيغية تتحرك تجاه الملكية كلما تم تهديدها، فقد تحركت الملكية هذه المرة تجاه الحركة الأمازيغية لاحتضان بعض مطالبها.

وهكذا اختار الملك أن يلقي خطابه من منطقة لها رمزية خاصة –منطقة أجدير بعمالة خنيفرة حيث أصول أم الملك الأمازيغية- ليعلن عن تأسيس "المعهد الملكي للثقافة الأمازيغية" مؤكدا أن "الأمازيغية ملك لكل المغاربة بدون استثناء".

بعد تأسيس هذا المعهد، وإقرار تدريس الأمازيغية في المدارس الحكومية، قامت معركة أخرى حول الحروف التي ستكتب بها هذه اللغة هل هي الحروف العربية أم اللاتينية أم حروف تيفيناغ؟ وبدا للملاحظين أن المنادين بتبني الحروف اللاتينية كان لهم الصوت الأقوى داخل المعهد وخارجه، يليهم أنصار حروف "تيفيناغ"، وأن أنصار الحرف العربي لا قوة لهم داخل المعهد بل خارجه.

وبدا أن تدخل الدولة بقفازات حريرية كان ضروريا لاتخاذ قرار وسط يجنب البلاد فتنة عارمة، ويقضي بتبني حروف "تيفيناغ" باعتباره خيار توازن: فهو لا يرضي التوجه الفرنكفوني الأمازيغي وطموحاته، ولكنه لا يغضبه كما لو تم اختيار الحرف العربي، ونفس الأمر تقريبا بالنسبة لأنصار الحروف العربية.

وبعد هذه المعركة احتدت معارك أخرى كاستقالة بعض أعضاء المعهد الملكي للثقافة الأمازيغية احتجاجا على تماطل الأجهزة الحكومية في تنفيذ قرارات وتوجيهات المعهد.

ومن المعارك الرئيسية المحتدمة معركة "دسترة اللغة الأمازيغية" بالنص عليها في الدستور كلغة رسمية إلى جانب اللغة العربية، وتجدر الإشارة إلى كون دستور المغرب لسنة 1996 ومختلف الدساتير السابقة له نصت على أن "المغرب دولة إسلامية لغتها الرسمية هي اللغة العربية" وبذلك فقد نص على إسلامية الدولة لأن الإسلام هو القاسم المشترك بين مكوناتها السكانية، ولم ينص على عروبة الدولة، وإنما فقط على كون اللغة العربية هي لغتها الرسمية.

ولذا نجد من ينادي بالنص على الأمازيغية كلغة وطنية فقط على أن تبقى اللغة العربية لغة رسمية موحدة للبلاد، وفي ذلك مراعاة للتحديات والصعوبات التي تواجهها اللغة العربية، والتي رغم أنها اللغة الرسمية دستوريا، إلا أنها تلقى منافسة شديدة وغير متكافئة من اللغة الفرنسية في جميع المرافق والإدارات ومؤسسات التعليم، فهل يكون هذا المطلب فاصلا وحاسما في رسم مستقبل العلاقة بين الحركة الأمازيغية من جهة والملكية والدولة من جهة أخرى؟ خصوصا أن بعض أقطاب الحركة الأمازيغية يصرحون بأنهم لن يسكتوا ولن يبقوا بدون حراك تجاه أي تعديل دستوري مقبل يتجاهل دسترة اللغة الأمازيغية.

فهل تعمل الدولة على الاهتمام بالمناطق الأمازيغية الريفية والقروية لتحييد الحركة الأمازيغية الحضرية؟ أم تستجيب لبعض متطلبات الحركة الأمازيغية الحضرية المتناغمة مع الاستحقاقات والشعارات الخارجية حول حقوق الأقليات والثقافات الأصيلة؟

وماذا عن إصرار البعض على تأسيس حزب أمازيغي في مثل هذه الظروف؟ بل ماذا عن الصمت المطبق لأقطاب الحركة الأمازيغية عن هده الخطوة التي سبق أن نددوا بمثلها في مثل هذا الشهر من سنة 2001؟

تلك قضية أخرى تنضاف إلى مجموع القضايا التي ترسم معالجتها معالم مستقبل العلاقة بين الملكية والأمازيغية، فإما إلى احتضان متبادل مستمر في مصلحة المغاربة أجمعين، وذلك ما ينبغي السعي إليه من كل العقلاء، وإما لا قدر الله إلى انقطاع مستتر تتضرر منه البلاد والعباد، وذلك ما ينبغي منع المتطرفين من سوق سفينة المجتمع إليه.

_______________

 الدكتور عبد السلام بلاجي : متخصص في الدراسات الإسلامية والعلوم السياسية

Posté par anir elmanouzi à 11:37:18 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Lettre ouverte à un père amazigh

Photo_817

«Bonsoir, monsieur le   grand sorcier aux remèdes bidon, bonsoir, vous qui n'êtes pas plus médecin   que ma sœur n'est dans les ordres.» Jeanne Cordelier   

 

         

 

Un message de tendresse:   

 

 Je   sais papa que ces mots ne te diront rien du tout parce que tu sais tout et tu   peux tout, comme ton rôle social le laisse entendre. C'est ce que tu penses   du moins et tu en es convaincu. Tu ne les liras pas parce que tu serais révolté   d'une fille qui t'écrive et qui prétend même te prodiguer des conseils. Même   si ton âme les intercepte en l'air sans le vouloir, je sais que tu as accès   au langage universel qui dépasse nos langues tout humaines et que tu sais   donc déjà tout, d'avance et sans avoir besoin qu'on te l'enseigne.   

 

Tu as su constituer pour moi l'incarnation même   de la sécurité dans l'âme, la chaleur dans le cœur à ta seule vue, par ta   terreur, et la ressource toujours disponible pour répondre à mes attentes,   celles que la société a bien voulu me concéder, évidemment. Celles qu'elle   pense être bonnes pour moi, pour ma nature de fille, pour mon avenir et mes   intérêts de femmes. C'est-à-dire un avenir de soumission.   

 

Tu as toujours su jouer, dans notre société,   celui qui te revenait, le rôle qu'on attendait de toi. Celui du protecteur,   du macho, qui ne laisse pas une seule parcelle de pouvoir aux autres sans   qu'ils y mettent le prix, celui que tu décides, toi et la société. Mais   c'est quoi la société, chez-nous? C'est toi, tu décides tout, qui fait   tout. Tu sais le bien et le mal, le principal et l'accessoire, le ciel et la   terre. Tu sais aller dans les réunions réservées aux hommes sans les   femmes. Tu discutais des heures et des heures comme si le monde était le seul   apanage des hommes, pour décider de notre sort. Tu avais pris la tête des   administrations en reléguant ma mère à ses tâches ménagères et dans le   meilleur des cas au poste de secrétaire soumise et docile ou à celui du   professeur dans un domaine quelconque.    

 

Elle exerçait son pouvoir et son autorité,   elle aussi, sur les tables, les chaises et les élèves. En voulant te   ressembler, elle était exaltée,   elle aussi, par l'exercice du pouvoir, notamment sur les chaises qui refusent   d'obéir à ses ordres pleins d'autorité. Elle était toujours fière d'avoir   la clé de la classe en poche et de prétendre venir apprendre aux autres ce   qu'ils ne savaient pas. Elle se sentait en sécurité lorsqu'elle tendait sa   main dans sa poche et qu'elle retrouvait encore la clef parce qu'elle se   disait que la classe ne pourrait jamais fonctionner sans elle. Elle avait du   pouvoir sur sa classe, sur les murs et les chaises.   

 

Cela me démontrait que, elle aussi, elle   est fascinée par toi, par l'autorité que tu exerçais sur nous tous, elle y   comprise. Alors, elle voulait être comme toi, mais elle ne pouvait pas. A ta   seule vue, elle tremblait, la pauvre, de tous ses membres et elle savait que   tu ne pouvais pas l'épargner, la tolérer hors de ses limites, celles que tu   lui as tracées. Tu es un fier à bras, papa, la nature t'a favorisé.   

 

Nous les femmes, nous sommes réduites à   rien, nous ne représentons même pas nous-mêmes. Nous sommes des subordonnées,   des accessoires, des moyens, des intermédiaires qui permettent, à toi papa,   d'accéder au bonheur, le tien bien sûr. Le nôtre est chose superflue. Nous   faisons ton bonheur par des accouchements innombrables et épuisants afin de   te doter d'une progéniture dont tu seras fier sans nous, par des tâches ménagères   quotidiennes, répétitives et fastidieuses que tu dédaignes parce que tu es   quelqu'un avec costume, cravates et pantalon du tailleur. Nous construisons   pour toi un abri que tu prétends nous avoir construit, nous lavons ta saleté,   nous transportons le bois de ta cuisine, notre cuisine parce que nous mangeons   de ta sueur. Tu es un ange, papa, un ange. Tu sais que nous t'aimons tous,   sans exception. Personne dans la famille n'ose te déclarer des hostilités   parce que tu sais réprimer sommairement tes opposants. Tu as appris tout ça   dans la rue.   

 

Tu es un homme, papa, un vrai. Si quelqu'un   le conteste, tu sais comment agir avec lui. Tu devais rester un homme parce   que tu voulais ne pas manquer ton rôle social. Ta tâche de mari et de père   implacable. Celui qui voulait toujours montrer aux autres combien il était   viril et capable de, non seulement conduire sa famille par le bout du nez,   mais également mener à bien sa tâche de tortionnaire physique ou   psychologique qu'on a bien voulu lui attribuer dans la société contre toute   opposition.   

 

Ma mère était pour toi un moyen et non une   fin en elle-même. Tu l'aimais, je le savais. Comment ne pas l'aimer alors   qu'elle est docile, consciente de sa fragilité acquise par éducation, éternellement   soumise à tes volontés. En tant que sa fille, elle m'a appris que, nous les   femmes, nous avons une côte de moins que toi et mes frères, dans la cage   thoracique bien sûr. Mes frères me narguaient avec leur côte supplémentaire   qu'ils avaient acquise par hérédité. Ils en sont fiers les machos, ils   croient avoir là une preuve incontestable de leur supériorité génétique   et donc éternelle. Mais la nature, elle aussi parce qu'elle est une femme,   fait des erreurs en produisant des femmes machos, comme moi. J'ai une côte de   plus que mes frères, par conséquent j'ai deux côtes de plus que ma mère.   

 

Chez-nous, une fille, une femme, ne parle   jamais que pour dire oui, jamais non. Elle a appris que le refus équivalait   à la révolte, donc à la contestation du pouvoir suprême masculin qui ne   manque jamais de se manifester pour réprimer les révolutions. Nous   t'appartenons tous, papa. Tu peux faire de nous ce qui te plaît. Nous punir,   nous récompenser, nous réjouir ou nous blâmer.   

 

Je te pardonne tes erreurs, tes terreurs,   papa. Je savais que toi aussi, tu étais entre le marteau et l'enclume. Tu   n'avais pas le choix de manifester ou non ta tendresse à ceux que tu aimais   parce que la société en a décidé autrement pour toi. Elle voulait que tu   sois viril et tu voulais être à la hauteur de tes fonctions sociales. C'est   ce que tu avais simplement fait. Tu avais raison d'agir ainsi car les hommes   qui regardent les choses d'en haut, ceux qui sont capables de voir ce que les   autres ne voient pas, ceux qui sont en mesure de déceler les maux avant   qu'ils arrivent, sont une exception dans toute société. Donc, on ne pourra   pas venir aujourd'hui te reprocher d'être ce qu'on avait attendu de toi,   c'est inacceptable, une erreur que l'on commettra à ton égard.   

 

         

 

Le déguisement:    

 

Nous vivons quotidiennement dans le déguisement,   papa, dans le camouflage, dans la dissimulation et dans la simulation. Nous   vivons cachés, et toi aussi, cachés de nous-mêmes et des autres. Nous n'arrêtons   pas de simuler une vie qui ne nous est pas en réalité destinée. Elle est là   parce que nous n'avons pas d'autres choix, d'autres alternatives pour imaginer   puis réaliser autre chose. Les hommes sont des femmes, les femmes sont des   hommes et le mélange fait une soupe qui a du mal à passer dans la gorge de   ceux qui savent qui est qui mais ne savent pas pour quelles raisons.    

 

Je me suis déguisée, comme tout le monde.   D'abord, en écrivant dans une langue qui, en réalité, m'était étrangère,   mais qui finalement, par la force des choses et le déroulement hasardeux des   circonstances, m'est devenue familière. Je vous écris dans cette langue   parce que je n'ai pas d'autres choix, parce qu'on m'a privé d'apprendre la   mienne. C'est ce que l'on peut appeler un manque d'authenticité langagière.   

 

         

 

Les compensations et les camouflages:   

 

 Remarquez que lorsqu'une femme est dans l'impasse au cours   d'une difficulté dans les rapports sociaux quotidiens, elle vous dit, pour se   convaincre de sa force, que son mari est un chef, un directeur, un médecin,   un grand commerçant avec des titres de propriétés partout. C'est le déguisement.   Elle dit cela lorsque ses cartes sont épuisées, lorsqu'elle ne peut plus se   défendre elle-même dans la société, elle se camoufle, elle met par-dessus   sa peau de brebis, une peau de loup ou celle d'un lion, son mari. C'est un   manque d'authenticité, c'est moi qui vous le dis.   

 

Maintenant, que dis un homme dans de telles   situations d'embarras? Il vous dira qu'il est marié avec une très belle   femme, qu'elle est jeune, dix-huit ans. D'autres vous diront qu'ils sont mariés   à plusieurs femmes en même temps, qu'ils ont des maisons, des villas et même   la dernière marque de voiture. C'est le déguisement, la compensation. Il dit   cela comme s'il ne suffisait pas à lui-même, comme s'il lui manquait une   jambe ou un bras.   

 

         

 

Hommes et femmes, les conversions:    

 

Moi, je m'assume en tant que femme et j'écris   en tant qu'homme. Vous êtres peut-être confus par mes propos qui ne veulent   rien lâcher, comme clarté. Mais c'est le camouflage qui veut ça, dans la   société tout le monde fait comme ça. Depuis que j'étais petite, je n'ai   appris que ça, me déguiser, me camoufler et là je n'ai pas le choix de   faire autrement comme vous le voyez.   

 

Puis, qui vous dit que je suis une fille,   une femme? Ayant craint de susciter l'instinct sauvage de certains hommes qui   battent leurs femmes, je dis bien leurs avec un 's' parce qu'ils en ont plusieurs que cela soit officiel ou non. Ceux qui ravagent tout ce qui   se présente sur leur passage, y compris leur propre progéniture, en se déguisant   en lion, parce que l'autre jour je les ai vus devant les autorités, je vous   certifie et je vous garantie qu'ils sont des agneaux. Ayant craint leur colère   et leur instinct guerrier, leur inévitable réaction instinctive à me   bouffer, je me suis dit tant pis, je vais risquer mon authenticité de femme,   j'écris en femme, une vraie.    

 

J'aurais dû écrire en homme et cela   passerait inaperçu, parce que les hommes ont le droit d'écrire tout ce   qu'ils veulent contrairement aux femmes. Mais alors surtout les femmes   amazighes qui sont, automatiquement et sans jugement, classées d'inutilité   publique en matière d'écriture, à une exception près, lorsqu'elles sont   totalement arabisées ou totalement francisées. Autrement dit, lorsqu'elles   ne sont plus amazighes du tout, linguistiquement j'entends.    

Par:   Aicha   Ayt-Hammou

Posté par anir elmanouzi à 11:37:00 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1